Ajay Patel (VMware) : "les clients n'ont pas une approche cloud first"

Technologie : Il est l’homme du cloud chez VMware. Stratégie multi-cloud, Software Defined Network, concurrence (ou pas) entre VMware et Virtustream, influence de la technologie des containers sur la virtualisation ; le tour des sujets chauds avec Ajay Patel, en visite à Paris.

Il est l’homme du cloud chez VMware. Un rôle capital puisque après avoir virtualisé serveurs et postes de travail, l’entreprise se doit d’évoluer vers cette nouvelle architecture. Ajay Patel a d’ailleurs rejoint l’entreprise il y a trois ans en provenance d’Oracle avec cette mission.

Ajay Patel (VMware) : "les clients n'ont pas une approche cloud first" - 2017 - 2018 

Stratégie multi-cloud, Software Defined Network, concurrence (ou pas) entre VMware et Virtustream, influence de la technologie des containers sur la virtualisation ; le tour des sujets chauds du moment.

ZDNet.fr : VMware a construit son succès sur la virtualisation des serveurs. A l’heure du cloud computing, comment devez-vous évoluer ?

Ajay Patel (VMware) : "les clients n'ont pas une approche cloud first" - 2017 - 2018Ajay Patel : Historiquement notre but a été de virtualiser et d’abstraire l’infrastructure informatique physique. Mais désormais le nouvel hardware, c’est le cloud. Donc la question pour nous est de passer de la fourniture d’abstraction sur le hardware à l’abstraction sur le cloud. Pour ça, nous passons d’une stratégie de fournisseur de cloud hybride à celle de vendeur multi-cloud.

C’est ce que nous appelons l’architecture cross cloud. Elle nous permet de fournir la couche de gestion logicielle onpremise, sur le cloud de VMware, et dans les cloud hyperscale comme Amazon, Azure, et Google. Concrètement, la valeur se déplace de la puissance de calcul à la gestion des cloud de manière sécurisée.

Pour nous le succès viendra de la manière dont le réseau prend en charge ces nouvelles plate-formes en les connectant ensemble de manière sécurisée. Le SDN (Software Defined Network) va devenir la couche par laquelle vous aller pouvoir définir les limites de sécurité de votre application. Et la sécurité se déplace donc des firewalls aux limites que vous fixez aux applications.

De nombreux acteurs évoquent un monde multi-cloud. Cela signifie t-il que les clients peuvent passer rapidement et sans contrainte d’un fournisseur de cloud à un autre ?

Il n’y a pas de courtier dynamique de cloud sur le marché. Mais ce qui est sûr, c’est que deux tiers de nos clients utilisent plus de deux cloud en même temps : Google pour le machine learning ou le web, Azure pour un déploiement .net, ou VMware pour de la virtualisation.

Donc le point clé c’est l’interopérabilité ?

On est pas du tout dans une logique où j’achèterai du cloud Google dans l’après-midi pour 10 cts de moins que ce que propose le concurrent.

Oui, mais l’interopérabilité du point de vue de la gestion de ces différents types de cloud. On est pas du tout dans une logique où j’achèterai du cloud Google dans l’après-midi pour 10 cts de moins que ce que propose le concurrent. Pourquoi ? Parce que économiser 10% sur du hardware pendant deux heures, ce n’est pas intéressant. Le coût n’est pas dans l’infrastructure. Il est dans la gestion, la visibilité, la disponibilité, la sécurité. Bref, dans la gestion.

En fait les clients n’ont pas une approche “cloud first”. Ils choisissent les solutions en fonction des charges de travail et décident ensuite de les faire tourner sur différentes infrastructures. C’est pour ça que le cloud en train de devenir un nouveau hardware.

La virtualisation de la puissance de calcul et du stockage a toujours semblé être plus simple à mettre en place que celle du réseau. Est-ce la même chose dans le monde du Software Defined ?

Le réseau a longtemps été un silo et il s’agit maintenant d’en faire une plate-forme.

 

Le marché du Software Defined Storage est plus transactionnel que celui du Software Defined Network. Il est est aussi bien plus proche de l’évolution de la puissance de calcul. Donc si vous virtualisez le compute, vous pourrez assez facilement virtualiser le stockage. Donc le Software Defined Storage va décoller plus vite, ne serait ce qu’avec la croissance des plate-formes hyper-convergées. Côté réseau, la complexité n’est pas que du point de vue de la technologie. C’est une complexité organisationnelle. Le réseau a longtemps été un silo et il s’agit maintenant d’en faire une plate-forme.

Mais comme vous ne possédez pas tous les points de terminaison, quand vous voulez faire de la sécurité réseau avec Amazon sur du cloud public, vous devez déplacer la sécurité depuis les devices physiques vers le déploiement logiciel. Cela implique donc aussi de se dégager des fonctions réseaux actuelles pour entrer dans le cycle de développement logiciel. Cela fait que beaucoup de choses doivent être pensées en amont, et les organisations doivent définir des politiques qui permettent de mettre en place des réseaux programmables.

C’est un terme que l’on entend depuis longtemps. Mais cela reste très nébuleux.

Oui, c’est une vision que Cisco mentionne depuis plus de dix ans. Et quand nous avons commencé nous parlions d’application orientée réseau. Elle devient réelle parce que les technologies pour le faire arrivent. Aujourd’hui nous pouvons véritablement programmer le réseau en fonction des besoins business avec l’agilité qui va avec.

Lors du dernier Dell EMC World David Goulden, le président de Dell EMC, mentionnait que Virtustream était l’outil phare pour la gestion des applications critiques. Et Pat Gelsinger, le PDG de VMware, mentionnait le lendemain que les produits VMware permettent de gérer le fonctionnement des applications critiques. Qui à raison ?

Notre mission est de proposer une plate-forme pour les applications critiques, avec les outils d’automatisation qui vont avec. Virtustream est de son côté spécialisé dans la conception de solutions complètes pour des systèmes comme SAP. Quand je veux faire du SAP, je dois commander un déploiement, faire les patches et la gestion. Nous, chez VMware, nous n’avons pas l’expertise sur SAP. Virtustream a cette expertise fonctionnelle. Si vous voulez des SLA pour SAP, c’est au niveau applicatif, c’est au niveau du stockage, c’est au niveau de la puissance de calcul. Leur plate-forme est faite pour livrer des charges de travail SAP.

Donc Virtustream est plus un service managé construit pour des solutions comme SAP en utilisant des technologies de VMware au niveau de vSphere. Ils utilisent aussi une technologie maison nommée xStream qui est leur plate-forme de management de cloud, construite pour SAP.

Côté développement des applications en mode cloud, l’arrivée de la technologie des containers semble modifier en profondeur l’architecture logicielle. Est-ce la fin de la virtualisation ?

Les clients ont déjà fait des investissements très importants dans la virtualisation. Au point que cela est devenu aujourd’hui une nouvelle plate-forme. Dans une entreprise, quand vous demandez un serveur, on vous donne une machine virtuelle ! Et ce que vous donne une machine virtuelle, c’est l’isolation. Cela signifie que même si deux machines virtuelles sont sur le même serveur physique, elles ne se concurrencent pas du point de vue des ressources.

Si vous prenez des containers aujourd’hui et que vous les faites tourner sur le même serveur, les deux applications vont s’entre-tuer et assécher les ressources du serveur physique.

La réalité c’est que la plupart des entreprises utilisent des containers au dessus des VM. Parce que les VM sont déjà là, mais aussi parce que la question de l’isolation est toujours un sujet pour les containers. Si vous prenez des containers aujourd’hui et que vous les faites tourner sur le même serveur, les deux applications vont s’entre-tuer et assécher les ressources du serveur physique.

Pourquoi ? Parce que le container par définition utilise un OS commun. Et ce n’est pas nouveau. Il y a longtemps (ndlr. 2005) Sun Microsystem proposait un produit qui s’appelait Solaris Zones basé sur le même principe. Pourquoi les VM ont eu autant de succès alors que Solaris Zones a échoué ? Pour la même raison.

Maintenant il faut reconnaître que les containers ont leur utilité parce qu’ils proposent un modèle de packaging que les machines virtuelles n’ont pas. Si je veux packager une application, les machines virtuelles sont trop lourdes. Les container sont en fait des programmes d’exécution portables. Ce sont les nouvelles machines virtuelles Java.

C’est une manière de faire du DevOps. En ce sens que vous pouvez packager une application, et la déplacer à travers de multiples hyperviseurs.

Ajay Patel (VMware) : "les clients n'ont pas une approche cloud first"

Source : L’article Ajay Patel (VMware) : "les clients n'ont pas une approche cloud first" >> est extrait de ZDNet

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2017-09-18T18:29:23+00:00

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