Attentats : les messageries chiffrées accusées de cacher les terroristes

Législation : Comme déjà après des actes terroristes, les autorités pointent du doigt les bénéfices pour les terroristes des messageries chiffrées. Le gouvernement britannique épingle WhatsApp et estime que ces outils ne devraient pas dissimuler de tels actes.

 

Le gouvernement britannique se mobilise contre les services de messagerie chiffrant les communications de leurs utilisateurs de bout en bout. Suite à l’attaque d’un terroriste à Londres, Il demande que les fournisseurs de ces applications permettent aux agences de renseignement d’accéder aux contenus des échanges.

La semaine dernière, Khalid Masood a tué quatre personnes et en a blessé de nombreuses autres sur le pont de Westminster avant d’être abattu par la police. Le terroriste présumé aurait envoyé des messages via l’application mobile WhatsApp quelques minutes avant l’attaque.

Un accès maintenant ou à l’avenir aux données

Après ces évènements, le ministre britannique de l’Intérieur, Amber Rudd, a déclaré qu’il ne devait pas y avoir de “place permettant aux terroristes de se cacher”, et qu’il est important que les agences d’espionnage aient accès aux messages chiffrés envoyés par le terroriste – ou si cela n’est pas possible, un moyen d’y parvenir à l’avenir.

Lors de l’émission d’Andrew Marr sur BBC One, Rudd a affirmé que les fournisseurs de services de chiffrement de bout en bout, comme Telegram, Signal et WhatsApp, fournissent un “lieu secret pour les terroristes afin de communiquer entre eux”, et de tels services sont ” totalement inacceptables”.

“Nous devons nous assurer que les organisations comme WhatsApp, et il y en a beaucoup d’autres comme celle-ci, ne fournissent pas un refuge secret pour les terroristes afin de communiquer entre eux” a réclamé la ministre de l’Intérieur. Car les écoutes téléphoniques classiques ne suffisent plus, rappelle-t-elle.

“Mais dans ce cas, nous devons nous assurer que nos services de renseignement ont la capacité d’opérer dans des situations comme WhatsApp chiffré” a ajouté la représentante du gouvernement britannique.

Le chiffrement de bout en bout chiffre non seulement les messages sur le terminal de l’utilisateur avant de l’envoyer aux destinataires pour décryptage, mais empêche également tout tiers – fournisseur du service, FAI, opérateurs et agences gouvernementales – de lire ces messages.

Des sociétés comme WhatsApp ne peuvent par conséquent pas livrer ces informations, y compris sur réquisition judiciaire. Et si des cyberattaquants pourraient compromettre les serveurs supportant le chiffrement, ils ne seraient pas en mesure de lire le contenu d’un message.

Les firmes peuvent réfléchir à d’autres moyens que la backdoor

Les agences de renseignement ne peuvent découvrir ce qu’a dit Masood via WhatsApp avant l’attaque de Londres. L’éditeur de l’application s’est malgré tout dit “horrifié” par l’attaque et engagé à coopérer avec les autorités tout au long de l’enquête.

Une manière de permettre à celles-ci de lire à l’avenir les messages chiffrés consisterait à prévoir des portes dérobées dans le logiciel. Cependant, une telle mesure affaiblirait l’ensemble de la structure de la vie privée et la sécurité pour le grand public.

Une fois une backdoor implémentée, elle pourrait être découverte par des cybercriminels pour compromettre en masse des terminaux mobiles. En outre, la décision des fournisseurs de technologie d’ introduire des portes dérobées les exposerait à la défiance des consommateurs et affecterait potentiellement leurs bases de clients et leur réputation.

Si le gouvernement britannique tente d’interdire purement et simplement ce type de chiffrement, cela risque de susciter des protestations non seulement de la part des militants des droits civils, des vendeurs de technologie et des experts en sécurité, mais potentiellement aussi des membres du grand public qui utilisent ces services populaires et veulent préserver ce niveau de confidentialité.

Ce n’est pas la première fois qu’autorités et géants technologiques s’opposent sur le chiffrement et la vie privée.

Apple a été conduit devant les tribunaux par le FBI pour avoir refusé de débloquer un iPhone utilisé par un tireur dans l’affaire San Bernardino. Pendant ces démêlés judiciaires, les autorités ont payé une société tierce pour une vulnérabilité de sécurité qui leur a permis d’accéder au terminal.

Rudd a déclaré à la BBC que le PDG d’Apple, Tim Cook, qui croit que c’est une erreur pour les gouvernements de demander qu’Apple construise des backdoors dans les produits, devrait “réfléchir à d’autres moyens pour nous aider à trouver comment nous pouvons faire face à des situations impliquant WhatsApp sur un téléphone Apple.”

Le gouvernement britannique s’est déjà doté de pouvoirs étendus pour espionner les citoyens. En 2016, le gouvernement a adopté ce que l’on appelle la Charte Snooper, qui oblige les FAI à enregistrer l’activité des abonnés, permet aux forces de l’ordre de pénétrer les PC et les appareils civils et oblige les fournisseurs de technologies à divulguer de nouvelles fonctionnalités de sécurité avant leur commercialisation.

Attentats : les messageries chiffrées accusées de cacher les terroristes

Source : L’article << Attentats : les messageries chiffrées accusées de cacher les terroristes >> est extrait de ZDNet

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By | 2017-03-27T18:55:13+00:00 mars 27th, 2017|Actualité|0 Comments

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