BDSM et Drupal : sentiments contrariés au sein de la communauté

Open Source : Une polémique peu commune secoue la communauté des contributeurs du CMS Drupal. Les organes de gouvernances du projet ont écarté un des principaux contributeurs du projet, lui reprochant ses goûts pour la culture Goréenne, une niche du BDSM jugée contraire à l’éthique du projet.

C’est le genre de controverse qu’on règle généralement en toute discrétion, mais les contributeurs du CMS Drupal ont apparemment décidé de laver leur linge sale en famille et la communauté suit depuis maintenant plusieurs jours la polémique ayant éclaté autour de Larry Garfield, un contributeur important du projet libre.

 

Les romans de John Norman décrivent une société machiste dont s’inspirent certains adeptes de pratiques bdsm. 

L’histoire n’est pas très simple à résumer et on devra se contenter des déclarations de chacun pour l’instant. Larry Garfield était un contributeur important au projet Drupal et travaillait depuis plus de dix ans à son développement, à travers de nombreuses contributions. Mais en privé, Larry Garfield était un adepte du BDSM et plus particulièrement de la culture Goréene, une niche BDSM inspirée des romans de science fiction écrits par John Norman. Ces romans décrivent une société profondément patriarcale ou les femmes sont pour la plupart réduites en esclavage. Les adeptes de la philosophie Goréenne, à l’instar de Larry Garfield, reproduisent les schémas et les appellations décrites dans les livres de John Norman à des fins sexuelles.

Larry, fais-moi mal

Comme l’explique Garfield dans une note de blog, ses penchants n’étaient pas connus dans la communauté Drupal, mais il affichait ceux-ci sur plusieurs sites et réseaux sociaux fermés et réservés aux fétichistes en tout genre. Un inconnu est tombé sur son compte, et a entrepris de signaler plusieurs de ses déclarations et posts aux instances dirigeantes du projet Drupal. Ces informations ont apparemment suscité l’indignation de plusieurs membres du projet, qui ont demandé à ce que Larry Garfield soit purement et simplement écarté du projet et des futures conventions Drupal, ou il était censé donner une conférence technique.

Dans son post, Larry Garfield proteste contre cette mesure qu’il assimile à du harcèlement de la part de la communauté. Il rappelle qu’il n’y a aucune plainte directe à l’égard de son comportement, et qu’il prend garde à ne pas évoquer son style de vie et ses préférences sexuelles au sein de la communauté. Larry Garfield explique en détail ses points de vue et rappelle son engagement à la philosophie inclusive portée par le projet Drupal. Il explique en être réduit à s’exposer ainsi afin de mettre fin à la rumeur qui enfle depuis plusieurs semaines autour de son cas.

Face à cette polémique, Dries Butayer, lead developper du projet Drupal, s’est également fendu d’un post de blog. Il explique avoir longuement réfléchi à l’attitude à adopter à l’égard de Larry Garfield, mais précise également que le post du développeur omet certaines informations portées à sa connaissance, qui l’ont poussé à prendre sa décision et à l’écarter de la gouvernance du projet. Dans une seconde tribune publiée fin mars, la directrice de l’association Drupal Megan Sanicki et le lead developper Dries Butayer récapitulent l’affaire et explicitent en détails leurs raisonnements dans cette affaire.

Inclusifs, mais faut pas pousser ?

 

Drupal est un des CMS libre les plus populaires aujourd’hui.

Suite à cette affaire, plus de 80 contributeurs du projet ont publié à l’adresse Drupalconfessions.org une tribune invitant Dries Butayer à revenir sur sa décision. Selon eux, Larry Garfield n’a rien de concret à se reprocher et n’a pas brisé les règles édictées par le code de conduite de Drupal.  Selon les signataires de cet appel, ce sont ses opinions qui lui valent aujourd’hui d’être tenu à l’écart. « Pour parvenir à cette décision, un membre de la communauté Drupal est allé récupérer des informations sur des espaces n’ayant rien à voir avec la communauté, exfiltrant au passage des informations de sites privés (ce qui viole leurs CGU.) Avec l’aval du Community Working Group, plusieurs membres ont ensuite eu recours à des campagnes de harcèlement, de diffamation et à la rumeur afin d’écarter Larry de la communauté Drupal pour des faits n’ayant rien à voir avec elle » résument les auteurs de la tribune.

La situation pose une question particulièrement intéressante pour le développement de projets libres tels que Drupal. Pour la gouvernance du projet, il est en effet vital de conserver une communauté inclusive et accueillante afin de permettre le renouvellement des contributeurs et des bénévoles impliqués dans le projet. L’image de cette communauté est donc un bien précieux, qu’il convient de préserver.

Mais dans le même temps, cette mise à l’écart d’un contributeur important au motif que ses opinions sur les relations hommes femmes choquent certains membres ne collent pas vraiment avec l’engagement de Drupal à ne pas discriminer. Sur son blog Larry Garfield fait ainsi plusieurs fois le parallèle entre ses opinions et plusieurs religions, rappelant qu’il serait impensable d’écarter un contributeur pour ses croyances religieuses. Dries Butayer rappelle néanmoins que certains éléments l’ayant conduit à prendre sa décision n’ont pas été révélés publiquement.  On peut donc souhaiter bonne chance à la communauté Drupal pour parvenir à une solution satisfaisant tout le monde.

BDSM et Drupal : sentiments contrariés au sein de la communauté

Source : L’article << BDSM et Drupal : sentiments contrariés au sein de la communauté >> est extrait de ZDNet

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Par | 2017-04-14T20:31:07+00:00 avril 14th, 2017|Actualité|0 commentaire

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