Camions autonomes et optimisation de la livraison : l'avenir du fret tape à la porte

Avenir de l’IT : La conduite autonome des camions n’est que la partie émergée de la révolution que l’analyse des données promet au secteur du transport routier de fret. De l’intégration à la supply chain des flux de transport à l’optimisation des livraisons, le point sur un bouleversement majeur.

De Uber à Ford en passant par Sébastien Loeb, tout le monde parle de la voiture autonome. C’est oublier un peu vite que la première économie de la route qui va bénéficier de la révolution des véhicules autonomes est bien celle du transport de frêt. Les camions, ici, vont bien plus vite que les voitures.

Volvo à réalisé au début de ce mois un test de platoonig sur une autoroute américaine. Trois camions autonomes reliés par Wi-Fi, espacés de 15 mètres, circulant à la vitesse de 90 km/h. (Source : Volvo Tuck)

A commencer par la technique de platooning. Soit des trains de gros semi-remorque semi-autonomes à la file les uns des autres connectés en Wi-Fi et pilotés par des conducteurs de machine. Volvo Trucks teste le dispositif en Californie. Une démonstration vient d’avoir lieu au début de ce mois avec 3 semi-remorques transportant des containers sur les 40 kilomètres de l’Intersate 110 qui relient le port de Long Beach au centre de Los Angeles. Un trajet en convoi à la vitesse de 90 km/h, les camions étant distant les uns des autres de 15 mètres. Le tout sans intervention du conducteur.

Le platooning, “c’est pour dans 4 à 5 ans”

“La communication véhicule-véhicule est essentielle pour les systèmes de platooning” explique Magnus Koeck, vice-président de Volvo Trucks. “Il permet de réduire le temps de réaction au freinage aux véhicules d’être plus proches. Diminuer la distance entre les véhicules réduit non seulement la traînée aérodynamique, mais permet également une meilleure utilisation de l’autoroute, contribuant ainsi à atténuer la congestion du trafic”.

“Seul manque le cadre légal” pour mettre en place ce dispositif en France assure Rodolphe Allard, fondateur de Chronotruck et de l’entreprise de transport Allard Logistics. “Nous allons vers un modèle ou des flottes de camions vont faire des aller-retour constant entre les entrepôts logistique situés à proximité des péages d’autoroute, c’est pour dans 4 à 5 ans”.

La conduite autonome et semi-autonome n’est en réalité que la partie émergée de l’iceberg que représente la révolution numérique dans le domaine du transport et de la logistique.

Aujourd’hui la technologie va bien au delà de ce Graal. De nombreuses startups comme Chronotruck ou Cargomatic investissent le segment en très forte croissance de la plate-forme numérique qui permet d’optimiser cargaisons et livraisons. “Les camions étant connectés avec le gestionnaire de flotte et le chargeur, ils pourront bientôt eux-même déterminer leur taux de remplissage et le communiquer en temps réel via une plateforme mettant en relation l’offre et la demande de transport de marchandises” notait dans un riche document PWC en novembre dernier.

25% des camions circulent entièrement à vide chaque jour en France

De fait, à l’image du secteur du covoiturage, celui de la gestion des flux de transport routiers attaque un marché béant : près de 25% des camions circulent entièrement à vide chaque jour en France selon le ministère des transports. “Les transporteurs utilisent depuis 30 ans des bourses de fret de manière très archaïque, par département, avec des fax” détaille Rodolphe Allard. Autant dire qu’il y a de la place pour l’optimisation !

Chronotruck vient sur ce terrain de réussir une levée de fonds de 3,5 millions d’euros. La société se définie comme une “place de marché mobile de fret routier à destination des expéditeurs et des transporteurs”. La levée de fond doit permettre de financer l’organisation sur de la croissance organique. La société revendique en un an d’activité une clientèle de 1.500 transporteurs professionnels et de 500 entreprises expéditrices en France. De quoi gérer un volume de 1.000 palettes par semaine sur sa plate-forme. Le système géolocalise en temps réel les camions disponibles et propose aux entreprises proches de les charger pour expédier leurs marchandises.

Conséquence : des coûts d’affrètement et de sous-traitance du transport routier à la baisse, de 10% à 25% pour les expéditeurs assure Chronotruck. Et ce sans perte de chiffre d’affaires pour le transporteur qui réalise l’expédition.

Le nerf de la guerre ? L’algorithme

Le nerf de la guerre ? L’algorithme. L’entreprise travaille comme ses concurrents sur un algorithme de prix qui donne un tarif de livraison en fonction de critères tels que le poids, le volume, la distance, et ce “quelque soit la distance, le poids et le tarif” explique Rodolphe Allard.

Un point crucial vu la taille du marché et la forte concurrence qui pointe le bout de son nez. Uber s’est lancé dans le transport de fret le 10 janvier dernier et Amazon démarche actuellement activement les transporteurs. “Un des premiers acteurs américain s’est inscrit chez nous avant de lancer sa plate-forme” se rassure Rodolphe Allard. “Notre algorithme nous permet de traiter tous les flux, de 50 kilos à 24 tonnes : un Paris-Marseille coûtera 1.000€, une livraison Paris-Paris 27€”.

Ailleurs, d’autres ont choisi la spécialisation. Si des acteurs asiatiques tels que GoGoVan se spécialisent sur la livraison urbaine, les américains Cargo Chief et Convoy visent le transport longue distance. Avec succès puisque le groupe Unilever utilise les services de ce dernier désormais.

“Nous envoyons un message au patron chauffeur géolocalisé autour du point de chargement, puis au dispatcheur autour du lieu de chargement et enfin au dispatcheur qui est sur les routes dédiées” explique le chef d’entreprise.

 

Disponible en version desktop et mobile l’application Chronotruck permet de signaler un transport à effectuer en jouant sur les 25% de camions vides qui circulent chaque jour sur les routes françaises. Les outils pro tels que le bordereau électronique sont embarqués. (Source : Chronotruck)

L’analyse de donnée est ici primordiale. “Avec des outils de machine learning, nous allons travailler sur des prix dynamiques en fonction des types de flux. Aujourd’hui par exemple il y a des distorsions importantes dues à la saisonnalité de la vente d’eau et de glace sur la Côte d’Azur. Bientôt, l’algorithme sera en capacité de dire au transporteur qu’il devra attendre une commande X temps sur une zone géographique définie, mais qu’en se déplaçant de quelques kilomètres, il aura la possibilité d’accéder plus rapidement à un nouveau chargement. Surtout que la prochaine étape côté intégration SI à la supply chain est la mise en place d’une API sur les ERP des clients.

Un potentiel de 3 millions de camions en France

De quoi ubériser le secteur, dans tous les sens du terme ? “Nous sommes sur un modèle purement B2B : tous les transporteurs avec qui nous travaillons ont l’autorisation de le faire” se défend Rodolphe Allard. “Nous sommes sur des relations de professionnel à professionnel. La qualité de la prestation est plus importante que l’instantanéité de la réponse. Et puis nous avons des clients qui programment la livraison, ce qui permet aux transporteurs de planifier”.

Reste que le tableau que dresse Rodolphe Allard de l’évolution du secteur ressemble de très près à celui d’une économie de plate-forme à la Airbnb. “En France il y a 380.000 chauffeurs routiers professionnels” dit-il. “Le parc de véhicule qui pourrait assurer du transport de marchandise est de 3 millions de camions. Problème : l’immense partie des entreprises qui possèdent ses camions ne sont pas autorisées à faire du transport de marchandise. Si on autorisait les plombiers à faire de la livraison, ça ouvrirait un marché énorme” assure Rodolphe Allard, qui réfléchit déjà à des formations courtes de chargement-déchargement pour les non professionnels.

Une étape seulement, puisque avec la conduite autonome le chef d’entreprise est persuadé que “à termes on aura certainement besoin de peu de chauffeurs”.

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Camions autonomes et optimisation de la livraison : l'avenir du fret tape à la porte

Source : L’article << Camions autonomes et optimisation de la livraison : l'avenir du fret tape à la porte >> est extrait de ZDNet

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By | 2017-03-30T19:16:04+00:00 mars 30th, 2017|Actualité|0 Comments

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