Cloud ou datacenter : les tendances clés pour les décideurs informatiques

Avenir de l’IT : Les applications cloud native qui s’exécutent sur une combinaison d’infrastructures de cloud computing public et privé sont peut-être l’avenir, mais le centre de traitements sur site traditionnel restera présent encore un certain temps.

L’infrastructure de calcul, de mise en réseau et de stockage basée sur le cloud computing et les applications natives du cloud sont aujourd’hui sérieusement envisagées par les DSI, qu’ils soient dans des startups, des petites entreprises ou de grands groupes. Il y a encore quelques années, leur interrogation consistait à savoir quelles charges de travail transférer dans le cloud. Aujourd’hui, ils se demandent quelles charges de travail conserver sur site. Si la plupart des entreprises finiront probablement par opter pour une stratégie de cloud computing hybride sur le moyen terme, il est intéressant de se pencher sur ce retournement de situation et sur les raisons qui en sont à l’origine.

Cloud ou datacenter : les tendances clés pour les décideurs informatiques - 2017 - 2018 

Le contexte général, comme l’a étudié ZDNet dans de récents articles de fond, est la pression concurrentielle qui incite les entreprises à procéder à une transformation numérique basée sur des applications natives du cloud computing et des méthodes telles que DevOps, en quête de performances organisationnelles et informatiques améliorées.

Toutefois, il est peu probable que le centre de traitements d’entreprise disparaisse dans l’immédiat : les entreprises doivent continuer d’assurer le quotidien, tout en modernisant leurs portefeuilles d’applications. Il existe en outre de nombreuses applications héritées en service pour lesquelles la migration vers le cloud est difficile et/ou onéreuse.

Tendances du centre de traitements

L’Uptime Institute (qui fait partie du 451 Group) publie une étude annuelle de l’industrie des centres de traitements, examinant les tendances du marché de l’infrastructure informatique. L’étude publiée concerne 2016. Les résultats pour 2017 sont ici (au moment de la rédaction de l’article les résultats de 2016 seulement étaient disponibles.

Les personnes interrogées par l’Uptime Institute pour l’étude sont issues de départements informatiques d’entreprise et de prestataires de services (notamment des fournisseurs de cloud computing et de colocalisation). Les résultats pour ces dernières années confortent l’idée que les centres de traitements sur site sont délaissés au profit des centres de traitements tiers.

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Données : Uptime Institute/Image : ZDNet

Ce graphique montre que près de la moitié des départements informatiques d’entreprise ont vu leur budget augmenter, alors que le chiffre est considérablement plus élevé pour les fournisseurs de colocalisation (75 % en moyenne sur les quatre dernières années). Il n’est donc pas surprenant que les fournisseurs de colocalisation aient construit plus de nouveaux centres de traitements que les entreprises, même si un ralentissement est indéniable.

Néanmoins, il semble que la migration des ressources informatiques d’entreprise vers des centres de traitements tiers ait encore beaucoup de chemin à parcourir. Voici une synthèse des estimations de l’emplacement des ressources par les personnes interrogées dans l’étude 2016 de l’Uptime Institute.

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Données : Uptime Institute/Image : ZDNet

Bien que le niveau d’adoption du cloud computing public par les entreprises semble faible comparé à d’autres études (voir ci-dessous), il n’y a aucun doute sur la tendance générale à une augmentation du cloud computing public et privé, au détriment de l’informatique traditionnelle sur site. Voici les estimations d’IDC des dépenses mondiales sur le marché de l’infrastructure informatique.

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Image : IDC

“En 2017, les dépenses dans l’infrastructure informatique pour les déploiements de cloud computing hors site connaîtront une croissance à deux chiffres dans toutes les régions, conséquence de la tendance continue vers l’utilisation de ressources informatiques hors site à travers le monde. Toutefois, la majorité (57,9 %) des dépenses des utilisateurs finaux en 2017 resteront consacrées à l’infrastructure informatique sur site, qui combine environnement de cloud computing privé sur site et informatique traditionnelle sur site. Toujours concernant les environnements sur site, toutes les régions s’attendent à voir un mouvement durable vers les déploiements de cloud computing privé, tandis que la part de l’informatique traditionnelle hors cloud diminuera dans toutes les régions”, indique le cabinet d’analyse.

Tendances du cloud computing

Qu’est-ce qui motive la migration vers le cloud ? L’étude annuelle de RightScale sur l’état du cloud constitue une source riche en données. Elle suit les activités liées au cloud computing des grandes entreprises et des PME depuis ces cinq dernières années.

S’agissant des avantages perçus du cloud computing, les principaux attraits qui sont cités systématiquement sont un “accès plus rapide à l’infrastructure”, une “plus grande évolutivité”, une “plus grande disponibilité” et un “délai de commercialisation plus rapide”. Ces quatre avantages clés du cloud computing sont en outre cités plus fréquemment (51 à 62 % en 2017 contre 41 à 53 % en 2013).

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Données : RightScale/Image : ZDNet

Il existe également toute une flopée d’avantages secondaires, cités par nettement moins de personnes interrogées (moins de 40 %) : la “continuité des activités”, la “portée géographique”, les “performances plus élevées”, la “transformation des dépenses d’investissement en dépenses de fonctionnement”, la “réduction des coûts” et “l’efficacité du personnel informatique”.

Toutes les difficultés perçues du cloud computing en 2017 sont citées par 25 % ou moins des personnes interrogées, avec en tête le “manque de ressources/expertise”, la “sécurité” et la “gestion des dépenses liées au cloud”. On constate une baisse notable de la plupart des difficultés (hormis la “gestion des dépenses liées au cloud” et “la gouvernance/le contrôle”) entre 2016 et 2017, les “performances” arrivant désormais en dernière position, citées par seulement 11 % des personnes interrogées.

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Données : RightScale/Image : ZDNet

Étant donné la domination générale des avantages du cloud computing sur les difficultés, il n’est pas surprenant d’apprendre que les personnes interrogées par RightScale en 2017 exécutent une proportion élevée de charges de travail dans le cloud : 79 % (41 % dans le cloud public, 38 % dans le cloud privé), laissant juste 21 % qui s’exécutent sur une infrastructure hors cloud.

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Données : RightScale/Image : ZDNet

Les chiffres montrent également que les petites entreprises sont plus attirées par le cloud public que les grandes, qui (comme on peut s’y attendre) exécutent un pourcentage plus élevé de charges de travail sur une infrastructure de cloud privé ou hors cloud.

Les données de l’étude de RightScale sont sans surprise s’agissant des schémas d’adoption du cloud computing public, puisque c’est le leader du marché depuis longtemps, Amazon Web Services (AWS), qui arrive largement en tête, suivi par Microsoft Azure, en plein essor, et Google Cloud Platform en troisième position. Le fait que des entreprises telles que Rackspace, HP et VMware aient quitté le marché du cloud public ces dernières années montre bien la domination et la compétitivité des fournisseurs de tête.

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Données : RightScale/Image : ZDNet

De même, la domination de VMware sur le cloud computing privé est sans surprise, l’entreprise arrivant en première place avec vSphere/vCenter et en troisième avec vCloud Suite, séparée par OpenStack de Red Hat en deuxième position. Les deux solutions de cloud computing privé de Microsoft (System Center et Azure Pack/Stack) sont en hausse, bien qu’elles ne soient encore déployées que par 16 et 14 % des personnes interrogées respectivement.

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Données : RightScale/Image : ZDNet

Notre dernier extrait des données de RightScale concerne les initiatives que les personnes interrogées s’attendent à mettre en œuvre en 2017 par rapport à l’année dernière. Comme le montre le graphique, l’accent est mis largement sur la migration d’un plus grand nombre de charges de travail vers le cloud (notamment le cloud public) et l’optimisation du coût de celles qui y résident déjà.

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Données : RightScale/Image : ZDNet

Les résultats significatifs concernant la “mise en œuvre d’une stratégie privilégiant le cloud computing” et les initiatives liées à DevOps (“étendre l’utilisation des conteneurs” et “mettre en place l’intégration et le déploiement continus dans le cloud”) indiquent également que les applications natives du cloud computing arrivent en tête dans les plans des décideurs informatiques.

Vous trouverez de nombreuses autres données et analyses dans les études de RightScale sur l’état du cloud. Nous vous conseillons également de jeter un œil à un de ses récents séminaires web qui détaille des comparaisons du prix du cloud computing pour le calcul entre AWS, Azure, Google et IBM. N’oubliez pas non plus de consulter les résultats de l’étude de Tech Pro Research, qui font l’objet d’un article à part.

Multiples environnements de cloud computing hybride

Ce qui ressort clairement des études et des rapports d’analystes, c’est que les entreprises se trouvent dans une phase de transition entre une informatique majoritairement sur site et une informatique majoritairement dans le cloud ; une forme d’arrangement flexible combinant de multiples environnements de cloud computing hybride constitue probablement la solution optimale pour la plupart des charges de travail.

Dans une conversation avec le site affilié à ZDNet Tech Pro Research en début d’année, Kamal Anand, vice-président de l’unité opérationnelle dédiée au cloud computing d’A10 Networks, a résumé la situation actuelle comme suit. “Il y a deux phénomènes à l’œuvre ici. Tout d’abord, les fournisseurs de cloud computing créent de plus en plus de services, parce qu’ils veulent conserver les clients sur leur plate-forme, et une fois que vous vous êtes laissé séduire, le coût se met parfois à monter en flèche. Par contre, la plupart des responsables des applications ne veulent pas se retrouver trop dépendants d’une infrastructure donnée. Ils veulent avoir le choix, ne serait-ce que pour négocier de meilleurs tarifs. Il est donc impératif d’avoir une infrastructure qui englobe plusieurs environnements de cloud.

La seconde tendance que nous avons relevée, qui est plutôt intéressante, est qu’il y a un certain nombre d’entreprises qui ont opéré la migration vers le cloud, puis qui s’aperçoivent (notamment lorsqu’elles prennent de l’ampleur) que les conditions économiques prônent un retour de l’application dans l’environnement de cloud privé. Ainsi, elles rapatrient la capacité prévisible fondamentale vers le cloud computing privé, mais utilisent le cloud public pour la capacité excédentaire ou l’équilibrage de charge, en fonction de leurs besoins. Je pense que rien n’est joué : je ne crois pas que tout sera basé sur le cloud computing public, ni que les entreprises vont opter uniquement pour les centres de traitements traditionnels. Nous verrons plutôt une combinaison de différents environnements de cloud computing pour différents cas d’utilisation et charges de travail. Nous

[A10] croyons fermement aux multiples environnements de cloud computing hybride.

Ma théorie est que, d’ici un an à peu près, les principaux fournisseurs de cloud computing (Amazon, Google, Azure) se dirigeront vers des offres similaires, du moins pour l’essentiel. Il y aura quelques différences (plus de traitement analytique par-ci, quelque chose d’autre par-là), mais l’infrastructure fondamentale sera similaire du point de vue de la capacité et du prix.”

Comment moderniser ?

Quant à savoir pourquoi de nombreuses charges de travail (dans les entreprises, notamment) continuent de s’exécuter sur site, souvent dans des architectures “traditionnelles” plutôt que dans des environnements de cloud computing privé, ZDNet a récemment cherché quelques explications auprès d’Ashesh Badani, vice-président et directeur général d’OpenShift chez Red Hat. Celui-ci s’est souvenu d’une conversation avec un client qui en dit long : “Le DSI d’une grande société émettrice de cartes de crédit m’a fait la remarque : “J’ai 700 applications, dont environ une dizaine peut fonctionner dans un style natif du cloud, mais que suis-je censé faire avec les 680 autres ?”.” Lorsqu’il s’agit de moderniser les applications héritées, il y a beaucoup d’aspects qui entrent en jeu, comme l’a illustré Ashesh Badani avec l’exemple client de KeyBank, une banque régionale aux États-Unis.

“Ils [KeyBank] avaient cette grande application de banque numérique monolithique avec des cycles de mise à jour trimestriels et un processus d’approbation en plusieurs étapes avant que le moindre changement ne puisse être apporté à l’application. Ils se sont dits : “C’est insensé, on est loin de DevOps. Nous ne pouvons pas mettre à jour une application numérique une fois par trimestre. Nous devons pouvoir le faire une fois par semaine, si ce n’est quotidiennement.” Ils ont donc cherché à y remédier en se posant plusieurs questions : “Comment pouvons-nous prendre cette application monolithique et voir quelles parties peuvent être décomposées en microservices ? Comment pouvons-nous introduire cette notion de DevOps ? Comment pouvons-nous introduire une plus grande automatisation ? Comment faire en sorte d’avoir davantage confiance dans le système pour que tout le monde n’ait pas à valider la mise en service de l’application ?”. Ils se sont penchés sur ces questions pendant plusieurs mois et nous [Red Hat] avons fourni la plate-forme [OpenShift] pour faciliter l’ensemble du processus : exécuter des conteneurs dans un environnement de cloud computing hybride, soutenir la productivité des développeurs, la gérer sur le plan opérationnel, etc. En définitive, le changement de processus et de comportement doit venir de l’intérieur de l’entreprise, même si Red Hat peut aider avec son équipe dédiée aux services professionnels et ses laboratoires d’innovation ouverte.”

Perspective

L’informatique semble se diriger vers un scénario où les applications natives du cloud computing sont développées et déployées rapidement sur une combinaison flexible d’infrastructures de cloud public et privé. La combinaison optimale est déterminée application par application en fonction de facteurs tels que les performances (latence), le coût, la sécurité et la conformité.

Dans ce scénario, les DSI deviendront de plus en plus des courtiers de confiance en ressources informatiques pour les unités opérationnelles, permettant à ces dernières de mettre en pratique des idées novatrices avec rapidité et fiabilité. En attendant toutefois, il y a un long travail de modernisation à faire sur les portefeuilles d’applications héritées d’entreprise, qui permettra au centre de traitements traditionnel sur site de rester en place encore un certain temps.

Cloud ou datacenter : les tendances clés pour les décideurs informatiques

Source : L’article Cloud ou datacenter : les tendances clés pour les décideurs informatiques >> est extrait de ZDNet

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Par | 2017-09-18T18:29:15+00:00 juillet 3rd, 2017|Actualité|0 commentaire

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