Espionnage : Amesys change de nom et continue ses activités en Égypte

Business : Comme le révèle le magazine Télérama, la société Amesys a poursuivi ses activités de vente d’équipements d’espionnage au Moyen-Orient. Mais la société française a cette fois changé de nom et vend ses équipements à l’Égypte, plutôt qu’à la Libye.

Amesys est un nom difficile à porter. Cette société française avait été épinglée en 2011 par des reporters du Wall Street Journal : en visitant les locaux des services de renseignement libyens, abandonnés suite à la chute du général Khadafi, ils avaient découvert des preuves de la présence de cette société française en Libye.

Amesys avait en effet cédé à la Libye son système Eagle, un système d’interception des communications IP, qui avait été utilisé par les régimes pour identifier et arrêter des opposants politiques. Une révélation qui avait valu à la société de s’attirer les foudres médiatiques, mais aussi une enquête sur ses activités.

Espionnage : Amesys change de nom et continue ses activités en Égypte - 2017 - 2018 

Mais comme le révèle Télérama, une fois la tempête initiale passée, Amesys a continué son business. La société a été rachetée à Bull par son nouveau dirigeant, qui en a profité pour la scinder en deux entité, dont l’une d’entre elles est baptisée Advanced Middle East Systems. Selon le magazine, ces structures sont utilisées pour commercialiser une nouvelle solution, baptisée Cerebro, et qui se présente comme une version évoluée du système de surveillance IP proposé par Amesys.

Les premiers contacts entre l’Égypte et le fournisseur se font grâce à un intermédiaire des émirats arabes, qui souhaitent offrir un outil de surveillance des populations au nouveau gouvernement égyptien. Nous sommes alors en 2014 et le président Morsi vient tout juste d’être renversé par un coup d’État militaire. Son successeur est le général Sissi, qui mène une politique répressive à l’égard d’opposants proches des frères musulmans. Un dirigeant, des opposants réprimés, un terreau fertile pour Amesys, qui retrouve ici les marques du contexte libyen.

Business en terrain connu

La société propose donc à l’Égypte d’acquérir le système Cerebro qu’il propose, ainsi que les formations et services de supports qui vont avec. Le coût total de l’opération est estimé à 10 millions d’euros et présente des capacités d’interception aussi bien sur les réseaux IP que sur les réseaux mobiles.

Ce type de technologie est théoriquement encadré par la réglementation en place autour des technologies dites « duales », terme utilisé pour designer des technologies pouvant présenter à la fois un intérêt dans le cadre civil, mais aussi militaire. Comme le révèle Télérama, la commission chargée de valider ou non ces exportations refuse de s’exprimer sur le sujet et a décidé de considérer la technologie exportée par Amesys comme ne faisant pas partie des technologies duales.

Pour la Fédération internationale des droits de l’homme, qui donnait aujourd’hui une conférence de presse pour revenir sur les révélations de Télérama, la vente de ce type d’équipement à l’Égypte alors que la société est encore sous le coup d’une enquête pour ses activités en Libye, constitue un « pied de nez à la justice française. » Selon eux, le régime égyptien actuel n’a pas grand-chose à envier à la dictature de Khadafi en termes de surveillance de la population.

Espionnage : Amesys change de nom et continue ses activités en Égypte

Source : L’article Espionnage : Amesys change de nom et continue ses activités en Égypte >> est extrait de ZDNet

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Par | 2017-07-05T19:21:00+00:00 juillet 5th, 2017|Actualité|0 commentaire

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