Facebook, arme d'infiltration de la campagne de Macron par la Russie ?

Sécurité : D’après des sources officielles américaines et des salariés de Facebook, de faux comptes Facebook ont été créés par des agents russes pour recueillir des informations personnelles de membres de l’équipe de campagne de Macron. Un espionnage à la source du MacronLeaks ?

Facebook, arme d'infiltration de la campagne de Macron par la Russie ? Sécurité, Politique, Facebook, Cyberattaques 

Lors de la campagne présidentielle, l’équipe du candidat Macron avait imputé à des pirates russes des attaques informatiques contre son site Internet. Et quelques heures avant le second tour, des données dérobées appartenant à des collaborateurs du mouvement En Marche étaient publiées sur Internet. C’est le MacronLeaks.

La Russie, comme pour l’élection américaine, est une nouvelle fois pointée du doigt. L’ANSSI se refusait pourtant à attribuer l’attaque. Pour son directeur, Guillaume Poupard, ces attaques “sont le jeu des états. Et dans ces cas-là, c’est aux plus hautes autorités d’attribuer ou non les attaques, et c’est à ces mêmes autorités que revient le choix de rendre publiques ou non ces questions.”

Faux comptes, avant des emails de phishing ?

Pas de commentaires donc. Les services de renseignement américains, en froid avec l’administration Trump, semblent eux bien plus disposés à communiquer, du moins en off. Reuters fait ainsi état de l’implication, notamment, d’agents russes dans des tentatives d’espionnage à l’encontre d’Emmanuel Macron.

Et Facebook a ainsi été exploité à cette fin, d’après des sources citées par l’agence. Plus d’une vingtaine de comptes Facebook ont été créés pour tenter d’espionner les membres de la campagne du candidat Macron et d’autres de ses proches.

Le réseau social a confirmé à Reuters avoir détecté des comptes destinés à mener des actions d’espionnage en France. Facebook précise les avoir désactivés. La campagne d’espionnage s’appuyait notamment sur des agents du renseignement russe se présentant comme “des amis d’amis” de proches de Macron.

L’objectif : collecter des informations personnelles. Les salariés de Facebook auraient détecté ces opérations lors du premier tour de la présidentielle et auraient établi des correspondances avec les outils utilisés par le passé par la GRU, une unité militaire de renseignement russe.

Ces espions ont-ils atteint leur objectif ? Impossible à dire. Ils auraient néanmoins pu collecter des données, exploitées ensuite pour mener d’autres actions dont du phishing (“de grande qualité”), par exemple contre les messageries personnelles ou professionnelles des membres de l’entourage du président Macron. Des données dévoilées ensuite au travers des MacronLeaks.

La NSA prévenait la France dès mai contre la Russie

Déjà en mai, Mike Rogers, directeur de la NSA, affirmait que la France avait été informée de l’ingérence russe avant que les pirates ne fassent fuiter les emails de la campagne d’Emmanuel Macron.

“Nous avions parlé à nos homologues français avant les annonces publiques des événements attribués publiquement le week-end dernier et les avons avertis. ‘nous surveillons les Russes. Nous les voyons pénétrer dans votre infrastructure'” a déclaré Rogers. “Voici ce que nous pouvons faire pour essayer d’aider” affirmait-il lors d’une audition devant le Sénat US.

Le Kremlin a, à plusieurs reprises déjà, nié toute implication dans des actes de piratage visant à influencer les élections dans le monde. Quant au gouvernement français, il n’a pas souhaité réagir auprès de Reuters.

En mai dernier, celui qui était alors le directeur du numérique du candidat Macron, Mounir Mahjoubi, prenait plus volontiers la parole à ce sujet, citant en particulier des experts en sécurité pointant la responsabilité du GRU. Diplomatie oblige, et après le rapprochement engagé par le président entre la France et la Russie, attribuer cette attaque n’est, semble-t-il, plus d’actualité.

Une position qui confirme les déclarations de début juin de l’expérimenté directeur de l’agence de sécurité de l’Etat : “c’est aux plus hautes autorités d’attribuer ou non les attaques, et c’est à ces mêmes autorités que revient le choix de rendre publiques ou non ces questions.”

Facebook, arme d'infiltration de la campagne de Macron par la Russie ?

Source : L’article << Facebook, arme d'infiltration de la campagne de Macron par la Russie ? >> est extrait de ZDNet

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2018-10-14T17:52:15+00:00

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