Françoise Mercadal-Delasalles (DSI) : Comment la Société Générale gère sa mutation digitale

Avenir de l’IT : Le groupe Société Générale est engagé dans sa transformation digitale depuis six ans. Au-delà des options technologiques – dont le Cloud – la banque adopte nouvelles pratiques et nouveaux modes de management. Le point avec Françoise Mercadal-Delasalles qui supervise 4 grandes DSI ‘groupe’ et l’innovation.

Depuis décembre 2016, 5 000 collaborateurs des métiers technologiques de la Banque dont l’informatique, la sécurité, etc. – ont emménagé dans des locaux flambant neufs à Val de Fontenay (94). Le nouveau technopôle de cinq immeubles, baptisé Les Dunes, présente une audacieuse architecture ‘high tech’, où les espaces de travail ont été minutieusement étudiés. Fini les vastes plateaux ‘open space’ : des cellules de ‘co-working’ d’une dizaine de personnes jouxtent de spacieuses salles de travail ; et des espaces de convivialité au design très soigné ouvrent sur de larges baies vitrées, évoquant plus des bibliothèques que des bureaux administratifs.

 

Françoise Mercadal Delasalles, directrice des Ressources et de l’Innovation du groupe Société Générale. (Photo SN APM_ZDnet DR)

S’y sont installées les équipes des Ressources et de l’Innovation du groupe bancaire, managées par Françoise Mercadal-Delasalles. Cette direction supervise notamment l’ensemble des ressources informatiques du Groupe dont 4 DSI métiers (banque de détail en France, banque de financement et investissement, banque de détail à l’international et services financiers spécialisés, et services centraux).

« Cette nouvelle organisation, décidée lors de mon arrivée, il y a six ans, nous a permis de mutualiser toute l’infrastructure IT », explique Françoise Mercadal-Delasalles.

 

Anticiper les grands changements

 

Une équipe “CIO management” a été constituée. « Comme l’IT procède du digital, notre direction s’est investie dans la transformation digitale et a cherché à anticiper les grands changements qui interviennent aujourd’hui dans le monde bancaire, en rencontrant les grands acteurs de l’IT dont Microsoft et les ‘GAFA’

[Google, Amazon, Facebook, Apple] pour nourrir nos réflexions ».

 

« Les Dunes », nouveau campus « technologique » du Groupe Société Générale au Val de Fontenay (94)

Un livre blanc a alors été rédigé sur la transition numérique dés 2013. « Nous savions que nous devions nous mettre en ordre de marche pour être prêts à répondre aux nouvelles attentes des métiers, qui n’ont pas tardé à se manifester. Nous avons donc travaillé à élaborer des solutions qui soient toutes ‘digital ready’ ».

 

Quatre grandes thématiques

 

Un plan d’action a été mis en place, couvrant quatre grandes thématiques : architecture, sécurité, cloud computing, workplace & agilité collaborative. Pour plancher sur la vision d’architecture de l’ensemble, « véritable pierre angulaire », il a été fait appel à Capgemini « afin de porter un regard neuf sur l’ensemble du Groupe».

Les orientations prises ont conduit à migrer d’un système très largement intégré vers une architecture modulaire, reposant notamment sur le principe d’interfaces programmatiques (API). Le mainframe est maintenu, « parce qu’il continue de rendre de bons et loyaux services ». En revanche, l’orientation en faveur du Cloud Computing est clairement décidée.

 

Une orientation décisive vers le Cloud

 

Dès 2012, une première plateforme de Cloud privé a été lancée: elle supporte aujourd’hui 20% des applicatifs du groupe (60% de la banque Grande clientèle et Solutions Investisseurs). « Nous avons veillé à garder notre indépendance. Nous sommes engagés à protéger de grands volumes de données confidentielles. D’ici à 2020, nous prévoyons que 80% de nos applications seront sur le Cloud, car cette option apporte l’agilité nécessaire à la transformation du Groupe, dont la possibilité de traiter les pics d’activité avec beaucoup de réactivité ».

Aujourd’hui, le Groupe SG veut passer à la vitesse supérieure. Une nouvelle dimension est engagée: « Nous devons accélérer notre migration. L’enjeu actuel consiste à assurer la transformation de nos applications elles-mêmes. Nous nous donnons trois ans pour le faire ».

 

Un campus au design très étudié, avec espaces d’accueil, salles de travail collaboratif, etc.

La plateforme, entièrement mutualisée, est accessible selon un mode opératoire comparable à celui des services d’Amazon. « Lorsque les développeurs ont besoin d’une ressource, ils cliquent dans un catalogue de services et les ressources sont automatiquement provisionnées et délivrées. Nous avons conçu une architecture du type IaaS (Infrastructure as a Service) qui soit accessible à l’ensemble des métiers. Cette approche est fondamentale pour l’activité banque de détail mais aussi pour la banque de financement. Elle nous apporte énormément de souplesse. »

Dans la période de transition actuelle, toute nouvelle application est nécessairement développée dans un contexte Cloud – ou ‘cloud native’. « Au cœur de notre technopôle, nous avons constitué une communauté d’expertise au service des métiers. Nous tablons sur la proximité, en partageant un esprit d’innovation. Nous devons être les acteurs, moteurs de la transition digitale – ce qui nous oblige à avoir une vision à moyen et long terme, et donc à anticiper. Cette transformation digitale est aussi par essence une révolution technologique.»

 

La sécurité au premier rang

 

L’axe sécurité fait partie des priorités : « Nous avons développé un plan d’amélioration notamment pour la détection des fraudes. Un CERT [Computer emergency response teams] a été mis en place ainsi qu’un SOC [Security operation center], avec le recours à des solutions d’intelligence artificielle pour détecter les incidents et les anomalies. La mobilité des utilisateurs nous a conduit à revoir les systèmes de sécurité, ceux reposant sur des pare-feu classiques montrant parfois leurs limites ».

Chaque grande filière du groupe possède son propre responsable RSSI qui rapporte à la direction des Ressources et de l’Innovation. « Nous avons ainsi une vision d’ensemble commune: sur la formation des acteurs, sur la nécessité d’organiser des sessions d’information et de sensibilisation sur le sujet. »

« La sécurité est un gage de confiance vis à vis de nos clients. Nous devons être transparents avec eux sur ce que nous faisons de leurs données et notre engagement est de protéger ces données en permanence face à un double risque: celui de fuites et celui d’attaques par des ‘hackers’. Tout en tenant compte de la réglementation, comme l’application du droit à l’oubli ou celui du opt-in/opt-out sur certaines options en ligne ».

Il s’agit donc bien de renforcer la relation avec les clients : « En pratique, traduire ces directives dans nos systèmes oblige à être très rigoureux et transparents sur l’usage de leurs données, et garants de la sécurité de ces données. C’est ce qui nous différencie des ‘GAFA’ qui cherchent à monnayer des données personnelles en contrepartie de la gratuité de certains services ».

 

La révolution culturelle du ‘workplace’

 

Pour accélérer la transformation numérique du Groupe, « il faut outiller l’ensemble des collaborateurs. En 2014, nous avions lancé le programme ‘Digital for All’, de généralisation du Wi-Fi et de distribution de 60 000 tablettes. » Ces tablettes ont permis l’accès sécurisé et mobile aux applications du Groupe et aux réseaux sociaux. Ce programme, en partenariat avec Microsoft, a constitué une « petite révolution culturelle » en interne: «Certaines catégories du personnel n’avaient pas accès à Internet ou de façon limitée».

La possibilité de connecter des terminaux personnels (cf. le concept ‘Bring your own device’) s’est également beaucoup développée. En parallèle, un nouvel environnement de travail, très ouvert, permet de généraliser le concept de ‘flexwork’ : « Aux Dunes, les places ne sont plus attribuées et des espaces de “co-création” sont aménagés pour que le collaborateur puisse travailler à l’endroit le plus adapté à ses besoins : dans son quartier avec son équipe, dans un autre bâtiment en mode projet, en salle de silence ou dans les jardins ».

Par ailleurs, sur le site des Dunes un espace dédié de 1.000 m2, le « Plateau », héberge startups internes et externes pour s’ouvrir à l’écosystème et permettre aux collaborateurs d’innover au contact de ces acteurs innovants.

 

Place au collaboratif agile

 

Cette rupture dans l’environnement de travail se traduit aussi par une nouvelle façon de travailler ensemble : « Au sein des DSI, nous nous tournons vers le mode ‘agile at scale’ et les méthodes dites ‘scrum’. Nous avons institué des comités horizontaux et nous animons des réseaux avec ces orientations. Ce mode de travail responsabilise les équipes notamment des cellules de base – les ‘squads’ – qui deviennent très dynamiques ».

Et de reconnaitre : « Certaines entités avancent plus vite que d’autres. Mais l’impulsion est donnée et l’enjeu d’efficacité opérationnelle est crucial face à des initiatives comme la banque directe. »

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Transformation numérique : 4 conseils pour que ça se passe bien

Françoise Mercadal-Delasalles (DSI) : Comment la Société Générale gère sa mutation digitale

Source : L’article << Françoise Mercadal-Delasalles (DSI) : Comment la Société Générale gère sa mutation digitale >> est extrait de ZDNet

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Par | 2017-09-18T18:29:39+00:00 avril 14th, 2017|Actualité|0 commentaire

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