HPE et la stratégie hybride : la tentation de la pomme au goût d'orange

Technologie : HPE se recentre côté service sur l’accompagnement des clients dans leur transformation numérique et mise tout côté cloud sur “le bon mix” entre cloud privé et cloud public. Le tout au prix d’un recentrage important de son offre.

A 76 ans le “grandaddy” de la Silicon Valley, HPE, a encore de l’énergie à revendre (en plus de ses serveurs). C’est le message que tient à faire passer le nouveau patron France, Gilles Thiebaut, 45 ans, qui prend les rênes d’une structure qui a connu tout à la fois les secousses d’une scission (en 2015 avec HP Inc.), la fusion géante de deux de ses concurrents (Dell et EMC en 2016) et des revirements stratégiques récents qui laissent à tout le moins bouche bée nombre d’observateurs.

 

L’hybridation des systèmes d’information est au coeur de la stratégie d’HPE.

Jugez plutôt : En l’espace de quelques mois HPE a cédé sa division services (chiffre d’affaires annuel de 26 milliards de dollars) à DXC Technology (lire : HPE se coupe en deux et fusionne ses services IT avec CSC). A ce propos les trois datacenters d’HPE en France passent sous la houlette de cette nouvelle entité (une joint-venture avec CSC) chargée de l’infogérance. Sa division logiciel (chiffre d’affaires logiciel de 4.5 milliards de dollars) vient elle d’être vendue à Micro Focus. Et côté cloud computing, c’est Suse qui récupère les offres OpenStack et Cloud Foundry (lire : HPE cède encore du logiciel : HPE OpenStack et Cloud Foundry).

Une question de priorité

Une question de priorité pour HPE. “Le monde du big data est un marché en croissance, mais nous avons pour vocation d’être premier ou deuxième sur nos marchés” mentionne Gilles Thiebaut pour expliquer la vente de Vertica à Micro Focus. Il assure d’autre part que Suse “continue à développer le stack selon nos spécifications”.

Délesté de ces activités, HPE met dans le même temps la main sur SGI (pour 350 millions de dollars), un acteur du calcul HPC, le spécialiste de l’hyper-convergence Simplivity (pour 650 millions de dollars, lire : Hyper-convergence : HPE s’empare de SimpliVity pour bien moins qu’escompté), Niara, spécialisé dans la sécurité des réseaux avec des technologies de deep learning et de machine learning, Cloud Cruiser, fournisseur de plate-forme analytique pour gérer la facturation de l’IT à l’usage et tout récemment Nimble Storage et ses mémoires Flash (lire : Stockage Flash : HPE avale Nimble Storage pour plus d’un milliard de dollars).

Des acquisitions intéressantes pour HPE “du point de vue de leur positionnement et de leur prix” juge Gilles Thiebaut.

“Il y a eu une croyance dans le tsunami du cloud public”

Dans ce ciel orageux (si on y ajoute en plus des résultats financiers atones (lire : HPE : jusqu’ici tout va bien. Plus ou moins), Gilles Thiebaut assure manier un palonnier de commande équipé d’une stratégie hybride IT d’une part, et d’une volonté d’accompagner la transformation numérique des clients d’autre part.

“Il y a eu une croyance dans le tsunami du cloud public. Cette notion a fortement évolué. Le cloud public va jouer un rôle mais les services managés vont rester” dit-il ajoutant que la nouvelle stratégie d’HPE consiste à aider ses clients à trouver le bon mixte hybride entre les deux modèles. La société a tissé des partenariats avec AWS et Azure sur le cloud public. “Avant, notre objectif était de mettre des serveurs HP dans les datacenters. Désormais, il s’agit d’arriver à prévoir le bon mix pour l’IT des clients sur le moment et à l’avenir” assure Eric Pradier, VP EMEA & General Manager HPE Pointnext.

Pointnext, un “continuum de services” pour les clients

Côté transformation numérique, HPE voit dans sa nouvelle entité Pointnext, une division service orientée accompagnement des clients sur des projets de nouvelles technologies, un véritable fer de lance. “Nous sommes dans une fenêtre de marché où la connaissance de la maturité et des limites de la technologie est essentielle. La transformation numérique, ce n’est pas du plug’n play” mentionne Eric Pradier. Une division constituée de 25.000 personnes qui gère 11.000 projets par an.

“Nous sommes encore dans les services” assure donc Eric Pradier. Pour le dire brièvement, HPE proposait jusqu’alors du conseil, du support et des services. Désormais, Pointnext proposera un “continuum de services” à ses clients. A DXC Technology l’infogérance, à HPE la transformation numérique donc. Reste à voir comment les ESN Accenture, Capgemini ou encore TCS (Tata Consulting Services) vont réagir à ce nouveau positionnement.

Gilles Thiebaut assure par ailleurs que des acquisitions sont en cours, sur les domaines de l’IoT ou encore du cloud hybride.

  • Cheops Technology et HPE : deux offres Cloud sur mesure
  • Dell Technologies Vs HPE : l’histoire de deux stratégies

HPE et la stratégie hybride : la tentation de la pomme au goût d'orange

Source : L’article << HPE et la stratégie hybride : la tentation de la pomme au goût d'orange >> est extrait de ZDNet

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Par | 2017-03-19T15:54:16+00:00 mars 19th, 2017|Actualité|0 commentaire

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