HTML5 : l'intégration du DRM Netflix fait hurler

Open Source : Au mois d’avril, le W3C devra se prononcer une fois pour toutes sur le plan de standardisation des EME (Encrypted Media Extension). Cette technologie, réclamée à grands cris par Netflix et consorts, est décrite par ses opposants comme une DRM au sein des standards web, traditionnellement ouverts.

EME : derrière ce terme un peu obscur se cache un conflit jugé fondamental par les défenseurs du web et du logiciel libre. La polémique ne date pas d’hier : les Encrypted Media Extensions sont une technologie qui s’apparente à un DRM, un outil permettant de contrôler la diffusion de films ou d’œuvres protégées par le droit d’auteur. Avec l’émergence d’acteur majeur dans le domaine du streaming (Netflix, on pense évidemment à toi) la pression s’est progressivement renforcée au W3C pour que l’organisme de normalisation du web introduise un mécanisme de ce type au sein du standard HTML5.

Querelles de clocher au W3C 

Le débat fait rage depuis 2013, mais le groupe de travail assigné à cette tâche au W3C doit maintenant parvenir à prendre une décision finale. La dernière proposition du groupe de travail a été publiée le 16 mars. Celle-ci est issue des travaux du groupe dédié aux EME, qui regroupe évidemment Netflix, mais aussi d’autres acteurs tels que Microsoft et Google.

Cette proposition est maintenant entre les mains du comité consultatif du consortium, qui a jusqu’au 13 avril pour prendre sa décision. Le comité peut choisir d’accepter la proposition et d’en faire un nouveau standard web, ou peut demander au groupe de travail de revoir sa copie.

 

La question des Encrypted Media Extension fait rage depuis plusieurs années au sein du W3C, avec d’un côté des opposants farouches à cette idée et de l’autre des défenseurs du principe. L’argument fréquemment avancé par les opposants à ce système est que les EME introduisent du code propriétaire au sein des standards web, jusqu’alors entièrement libres.

Cette solution risque de provoquer de nombreux effets de bords et soulève notamment la question de la capacité des chercheurs de sécurité indépendants à auditer le code de cette technologie à la recherche de faille. De l’autre côté, les défenseurs des EME expliquent que cette technologie est nécessaire pour permettre le développement de service de vidéo en streaming sans remettre en question le droit d’auteur.

Quand Tim s’en mêle

Dans cette bataille, le fondateur et directeur du W3C Tim Berners Lee a pris position. À la fin du mois de février, celui-ci a publié une tribune sur le site du W3C dans laquelle il résume les différents problèmes soulevés par les deux camps et prend finalement position en faveur de l’introduction des EME au sein du standard Web. Un soutien de poids pour les défenseurs du format : Tim Berners Lee explique ainsi que le web devrait accepter cette entorse à ses principes au nom de l’universalité du web, qui doit selon son inventeur être capable de supporter aussi bien le partage gratuit que les offres payantes.

Ce soutien de Tim Berners Lee ne suffit néanmoins pas à pousser les opposants aux EME à désarmer : l’EFF fait notamment partie des anti-EME et continue son lobbying auprès du W3C pour le rejet de cette évolution des standards. La situation financière du W3C, qui compte sur ses membres tels que Netflix ou Microsoft pour son fonctionnement, jouera probablement dans la balance. La réponse tombera donc le 13 avril : le projet pourra être recalé à un stade plus ou moins avancé de la procédure d’approbation, ou pourra être accepté et promu au titre de standard officiel.

 

Il est intéressant de noter que les navigateurs n’ont pas attendu la décision du W3C pour implémenter les EME : Chrome est l’un des premiers à l’avoir proposé, et Firefox, malgré son opposition initiale au projet, a fini par se ranger à la concurrence et à introduire également la technologie EME. Dans ce contexte, difficile d’espérer que les opposants à la normalisation des EME puissent avoir gain de cause.

HTML5 : l'intégration du DRM Netflix fait hurler

Source : L’article << HTML5 : l'intégration du DRM Netflix fait hurler >> est extrait de ZDNet

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By | 2017-03-23T21:02:14+00:00 mars 23rd, 2017|Actualité|0 Comments

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