Macron : imbroglio autour des données chiffrées

Sécurité : Le candidat à l’élection présidentielle entend forcer les géants du Web à collaborer avec la police pour livrer l’accès aux communications chiffrées. Une polémique plus tard, il fait marche arrière.

Il y a des sujets sensibles qui peuvent très vite écorner la réputation d’un candidat à l’élection présidentielle. Le chiffrement des données personnelles et leur récupération par les autorités en font partie. Ce lundi, Emmanuel Macron a présenté son programme en matière de lutte contre le terrorisme. Et pour le candidat, des mesures doivent dans ce cadre être prises concernant Internet.

 

Car selon lui, “l’Internet est devenu un élément essentiel du terrorisme. Il doit donc devenir un élément décisif de la lutte contre le terrorisme”. Voilà pour la formule. Dans les faits, le chef de file d’En Marche propose donc une “discussion franche” avec les grands groupes de l’Internet : Google, Apple, Facebook, Twitter, “et plusieurs autres”.

Outre une obligation de surveillance et de modération des contenus publiés, Emmanuel Macron souhaite par ailleurs cibler l’usage opérationnel que font les terroristes d’Internet, et en particulier “les moyens offerts par la cryptologie moderne” dont ils “abusent” afin de “dissimuler leurs projets”. 

Comme d’autres décideurs politiques, dont récemment la ministre de l’intérieur britannique, le postulant à l’Elysée dénonce la protection qu’offriraient aux terroristes certains services de messagerie chiffrés.

“Une grande partie de ce trafic internet, parce qu’il est crypté, échappe ainsi aux services de sécurité, ce qui est naturellement un élément de faiblesse” juge-t-il. Or, selon lui, “les grands groupes de l’Internet ont refusé jusqu’à présent de communiquer leurs clés de chiffrement ou de donner accès aux contenus.”

Pourquoi ? Car ils auraient garanti contractuellement à leurs clients le fait que ces contenus étaient protégés, avance-t-il. Une lecture simpliste. Signalons notamment que certains fournisseurs proposent du chiffrement de bout en bout, et ne disposent pas dès lors de clés ou d’accès aux contenus.

Toujours est-il que pour le candidat Macron, ce “comportement n’est plus acceptable”. Il s’essaie dès lors à un exercice de contorsionniste en se déclarant “viscéralement attaché à la protection de la vie privée” et “au secret des correspondances.”

Or pour lui, cela ne “s’oppose en rien à ce que des mesures soient prises, avec toutes les garanties possibles, pour que la police puisse déjouer efficacement les attentats”. La nature des garanties n’est pas précisée. Emmanuel Macron propose donc d’étendre aux acteurs de l’Internet les règles en matière d’interception et de réquisition des échanges “cryptés”. Et si ceux-ci s’y refusent ? “Ils devront accepter un jour la responsabilité d’avoir été complices”.

Face à la polémique suscitée par cette proposition, notamment du côté des défenseurs du chiffrement et de la confidentialité, son équipe de campagne a du faire machine arrière via une tribune publié en ligne. “Nous souhaitons préciser que la proposition ne consiste pas à obtenir la communication des clés de chiffrement utilisées par les prestataires de service numérique mais d’accéder aux contenus préalablement déchiffrés par eux-mêmes”, écrivent Mounir Mahjoubi, ancien président du CNNum et Didier Casas Directeur Général de Bouygues Telecom, qui travaillent avec le candidat.

Sur la question du chiffrement de bout en bout (les fournisseurs n’ont pas les clés), les deux signataires précisent : “le prestataire de service ne disposant pas des clés de déchiffrement des messages, on ne peut obtenir de lui le déchiffrement des données échangées par ce mécanisme. Cependant, ces messageries disposent d’autres informations qui peuvent être essentielles aux enquêtes. Aujourd’hui, certaines de ces entreprises de messageries, refusent de coopérer avec les services de police, d’enquête et de justice ou le font dans des délais qui rendent inutiles les informations transmises. Il est donc essentiel d’appliquer à ces opérateurs des obligations de coopération et de traitement des demandes.” 

“Plus généralement, nous tenons à affirmer qu’il n’est évidemment pas dans les intentions d’Emmanuel Macron de porter atteinte aux principes de fonctionnement des méthodes de communication moderne basées sur le chiffrement.  La position de principe d’Emmanuel Macron repose tout à la fois sur l’attachement absolu au secret des correspondances et le souhait que les services de sécurité puissent accéder au contenu des informations échangées par des terroristes ou des personnes surveillées”, poursuivent-ils.  

Un rétropédalage qui risque d’accentuer la polémique vu son manque de clarté ou sa propension à pratiquer le grand écart. 

Macron : imbroglio autour des données chiffrées

Source : L’article << Macron : imbroglio autour des données chiffrées >> est extrait de ZDNet

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Par | 2017-04-12T14:03:05+00:00 avril 12th, 2017|Actualité|0 commentaire

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