Numerai veut rendre le milieu de la finance plus collaboratif grâce à un système de jetons intelligents

Technologie : Basé à San Francisco, le fonds d’investissement a mis au point un système basé sur la Blockchain qui incite ses ingénieurs à partager leurs informations.

De notre correspondant à San Francisco. Numerai n’est pas un fonds spéculatif comme les autres. Les investissements sont orientés en fonction de prédictions effectuées par des algorithmes d’intelligence artificielle, qui sont eux-mêmes codés par des milliers d’ingénieurs, répartis dans le monde entier et rémunérés en Bitcoin. Si ce tableau semble déjà bien avant-gardiste, il ne l’est visiblement pas assez pour Richard Craib, le fondateur de Numerai, qui a récemment décidé de passer à la vitesse supérieure en mettant au point un système susceptible de transformer son entreprise en un écosystème parfaitement transparent et collaboratif.

 

La blockchain, ou « chaîne de blocs » dans la langue de Molière, est une base de données décentralisée, transparente et sécurisée, principalement connue pour l’une de son application phare, le bitcoin, monnaie virtuelle et cryptographique. Pourtant, les applications de la Blockchain sont bien plus vastes. Elle pourrait notamment inciter les acteurs économiques à privilégier la collaboration sur la compétition, et ce dans un milieu d’ordinaire peu réputé pour ses pratiques altruistes : celui de la finance spéculative. C’est le pari de Numerai, un fonds d’investissement innovant basé à San Francisco.

Un jeu à somme nulle

« Chez Numerai, les scientifiques des données collaborent déjà beaucoup. Ils échangent du code. Ils partagent leurs idées sur Slack. Ils écrivent des articles de blog et des tutoriels. Numerai possède déjà l’esprit collaboratif d’un projet de logiciel ouvert. Mais le système n’est pas parfait. Il n’est pas économiquement rationnel d’inciter vos amis à rejoindre Numerai, car il n’est pas économiquement rationnel d’inciter quiconque à faire mieux que vous.

Chaque semaine, un nombre fini de bitcoins est distribué, ce qui donne un jeu à somme nulle. (…) Mais si chaque scientifique des données pouvait bénéficier de l’amélioration du réseau dans son ensemble, alors la collaboration deviendrait rationnelle, et nous obtiendrions un jeu à somme positive. » écrit Richard Craib sur Medium.

L’entrepreneur se réfère au dilemme du prisonnier, où deux acteurs, en suivant leur intérêt propre, nuisent à l’intérêt collectif. Dans le système actuel, chaque scientifique des données est incité à conserver au maximum ses informations pour lui-même : plus il dispose de données exclusives, auxquelles n’ont pas accès les autres ingénieurs, plus il est susceptible d’élaborer des algorithmes prédictifs plus précis que ceux des autres, et d’être récompensé financièrement pour ses performances.

Des jetons pour inciter à la transparence

Pour inciter ses ingénieurs à la collaboration, plutôt qu’à la compétition, Numerai a donc mis en place un système de jetons (“tokens”, en anglais), baptisés “Numerair”. Ces derniers sont distribués à l’ensemble des ingénieurs du réseau Numerai, mais ne sont au départ pas convertibles dans une autre monnaie. En revanche, chaque fois qu’un ingénieur élabore un nouvel algorithme prédictif, il peut “miser” un certain nombre de jetons en informant l’ensemble du réseau des performances qu’il escompte obtenir de son algorithme, une fois celui-ci mis sur le marché. Après quelque temps, si la prédiction s’est avérée correcte, l’ingénieur peut échanger les jetons qu’il avait misés contre de la monnaie sonnante et trébuchante. Si la prédiction est erronée, les jetons sont détruits.

Richard Craig espère ainsi convaincre ses ingénieurs d’être les plus transparents et honnêtes possibles, à faire au maximum circuler l’information pour que l’ensemble du système en sorte renforcé. Chacun est en effet incité à partager l’ensemble des informations qu’il détient avec les autres, plutôt qu’à les garder pour lui. La valeur des “Numerair” est également indexée sur la valorisation du fonds d’investissement : chaque scientifique des données est donc personnellement intéressé au succès de l’ensemble du réseau, puisque celui-ci lui permettra d’échanger ses jetons contre davantage d’argent. Les ingénieurs ont donc intérêt à collaborer pour que les performances de Numerai dans son ensemble s’améliorent.

Ce système novateur est basé sur Ethereum, une plate-forme conçue pour construire des applications sur la Blockchain, et notamment des contrats intelligents. Ces derniers constituent des protocoles informatiques qui s’exécutent en fonction d’un panel de règles précises et déterminées à l’avance. Dans le cas présent, chaque fois qu’un ingénieur mise sur la précision de son modèle, un contrat intelligent est enclenché, qui assure ensuite automatiquement la conversion des jetons dans une autre monnaie, en cas de succès, et leur destruction en cas d’échec. L’avenir dira si l’usage de ces contrats intelligents imaginé par Richard Craib permettra d’apporter davantage de transparence et d’entraide au monde de la finance, plus souvent qualifié de “prédateur” que de “collaboratif”.

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Numerai veut rendre le milieu de la finance plus collaboratif grâce à un système de jetons intelligents

Source : L’article << Numerai veut rendre le milieu de la finance plus collaboratif grâce à un système de jetons intelligents >> est extrait de ZDNet

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Par | 2017-03-23T06:53:25+00:00 mars 23rd, 2017|Actualité|0 commentaire

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