Sydney teste le Wi-Fi gratuit dans ses bus avec un opérateur qui collecte et divulgue les informations personnelles des utilisateurs

Avenir de l’IT : Le gouvernement de Nouvelle-Galles du Sud annonce que le Wi-Fi gratuit sera fourni à titre d’essai dans 50 bus, grâce à un opérateur réseau qui collecte ouvertement une grande quantité de données d’utilisateurs et les transmet à des tiers.

Les usagers des bus de Sydney vont pouvoir accéder au Wi-Fi gratuit grâce au gouvernement de l’État, mais en échange, une grande partie de leurs informations personnelles seront collectées par l’opérateur et transmises à des tiers aussi bien au niveau local qu’international. L’essai sera mené sur 50 bus de Sydney venant des dépôts de Ryde, Waverley, Leichhardt et North Sydney, a annoncé Andrew Constance, ministre de l’équipement et des transports de Nouvelle-Galles du Sud. Le service sera ensuite étendu à 1 000 bus si l’essai se révèle “concluant”.

 

APN Outdoor a développé la technologie “CATCH” pour offrir le Wi-Fi dans les bus. Les usagers de ces 50 bus seront invités à télécharger une application gratuite leur permettant d’utiliser l’accès à internet. D’après Andrew Constance, l’accès au Wi-Fi gratuit améliorera l’expérience des usagers avec les services de transports publics fournis par l’État. “Cet essai nous aidera à comprendre à quel point la technologie est fiable et comment nos usagers l’utilisent”, explique-t-il.

“Nous nous réservons le droit de divulguer vos informations personnelles à des tiers”

Les utilisateurs seront également invités à donner leur avis sur l’application et le service Wi-Fi. Dans le cadre du service, toutefois, APN Outdoor collectera des informations personnelles qui, d’après ses conditions d’utilisation, peuvent inclure les nom et prénom, adresse, date de naissance, localisation, photos, vidéos, données de carte bancaire, de réseaux sociaux, noms d’utilisateur, sites visités, recherches effectuées, informations relatives à l’appareil mobile, au permis de conduire, à l’emploi et “autres” détails. “Nous nous réservons le droit de divulguer vos informations personnelles à des tiers, tels que nos fournisseurs, annonceurs, organisateurs de jeux-concours, prestataires de services et entreprises de marketing qui nous fournissent des données de marketing, de réseaux sociaux et autres vous concernant”, ajoute l’entreprise.

“Nous pouvons envoyer vos informations personnelles à l’étranger vers des serveurs ou des centres de traitements situés en Europe, aux États-Unis, en Asie ou en Amérique du Sud.” Tout ceci a pour but de fournir aux utilisateurs “des publicités de grande qualité, pertinentes et en temps opportun sur les produits et services dont nous pensons qu’ils vous intéresseront et d’aider les annonceurs tiers à vous proposer des produits et services”, explique l’entreprise.

Sa politique de confidentialité précise en outre que ces tiers auxquels elle est susceptible de divulguer des informations personnelles incluent des annonceurs, agents, fournisseurs, entreprises informatiques, entreprises de sécurité, cabinets juridiques, cabinets comptables, cabinets d’études, organismes d’évaluation de crédit, entreprises de marketing, assureurs, établissements financiers, agences de recouvrement de créances, établissements de crédit, sociétés affiliées et organismes gouvernementaux, réglementaires et chargés de l’application de la loi, lorsque cette pratique est exigée ou autorisée par la loi.

La question des brèches de sécurité

En ce qui concerne sa déclaration de sécurité, l’entreprise indique seulement qu’elle prend des “mesures raisonnables” pour s’assurer que les informations personnelles sont protégées, puis détruites ou anonymisées une fois qu’elle n’en a plus besoin. En réponse, un porte-parole du service de transports publics remarque que les utilisateurs devront signifier leur accord exprès pour utiliser le service et que la plupart des détails ne seront collectés que s’ils procèdent à des transactions sur le réseau. “C’est un service qui nécessite l’accord explicite de l’utilisateur ; autrement dit, les usagers choisissent si oui ou non ils veulent l’utiliser”, a indiqué le porte-parole à ZDNet.

“Les usagers ne devront renseigner des informations personnelles telles que leur adresse, date de naissance, etc., que s’ils décident de leur plein gré de bénéficier d’une promotion, participer à un jeu-concours ou réaliser une autre transaction sur le réseau CATCH.” Le gouvernement de l’État a également annoncé en janvier que les bus de Sydney seront équipés d’écrans numériques plus grands qui diffuseront des publicités et les actualités, en plus des messages de service et des enregistrements de vidéosurveillance déjà présents.

Cependant, en utilisant le Wi-Fi public, environ 2 millions d’Australiens s’exposent à des brèches de sécurité des données s’ils utilisent des services bancaires en ligne sur des réseaux non sécurisés, a révélé une étude de l’université RMIT en décembre dernier.

Préférer la commodité à la sécurité

L’université RMIT a interrogé 1 200 adultes sur leur usage des réseaux Wi-Fi publics, ainsi que sur leur connaissance de la sécurité réseau. Elle a découvert que plus d’un quart des personnes interrogées avaient réalisé des paiements par carte bancaire et PayPal et consulté des services bancaires en ligne sur des réseaux Wi-Fi publics au cours des trois mois précédents. Seulement 60 % d’entre eux reconnaissent que ces réseaux sont relativement peu sécurisés.

“Près de la moitié des utilisateurs du Wi-Fi public qui ont effectué des transactions financières reconnaissent que les réseaux ne sont pas sûrs, mais en ont fait abstraction, préférant la commodité à la sécurité”, indique le rapport. “Les réseaux non sécurisés sont des cibles faciles pour les hackers et les cybercriminels, mais nous constatons que même lorsque les utilisateurs sont familiarisés avec les options de sécurité, beaucoup choisissent de les ignorer, préférant la commodité à la sécurité”, souligne Ian McShane, auteur principal du rapport.

“L’Australie arrive en sixième position des pays les plus touchés par des cyberattaques dans le monde, ce qui signifie que nous devrions être extrêmement attentifs aux problèmes de sécurité. Or, nous constatons que près de 2 millions d’Australiens ont réalisé des transactions financières et que près d’un million ont effectué des tâches liées au travail, notamment le partage de fichiers et le courrier électronique, sur des réseaux vulnérables.”

Multiplication des projets Wi-Fi

La Nouvelle-Galles du Sud avait d’abord abandonné ses plans d’un réseau Wi-Fi gratuit à Sydney en mai 2008, évoquant les coûts élevés. Adelaïde a été la première capitale australienne à lancer un réseau Wi-Fi gratuit début 2014, après l’avoir annoncé en novembre 2012, choisissant iiNet pour offrir une couverture dans tout le centre-ville avec 200 points d’accès. En octobre 2014, il y avait déjà 90 000 utilisateurs uniques. Le Territoire de la Capitale australienne a conclu un accord avec iiNet en mai 2014 en vue de déployer un réseau Wi-Fi de 4 millions de dollars australiens à travers la ville de Canberra, en utilisant plus de 700 points d’accès sans fil.

La régie des transports publics de l’Australie occidentale a suivi le mouvement : en juillet 2015, elle a lancé un appel d’offres aux fournisseurs d’accès à internet pour offrir le Wi-Fi gratuit dans 1 430 bus, 56 rames de trois voitures, 48 rames de deux voitures et deux ferries à Perth. En septembre 2016, le projet de Wi-Fi gratuit de Victoria, à 11 millions de dollars australiens, a également été lancé, le réseau étant géré par l’opérateur de télécommunications TPG.

Tous les points d’accès pour VicFreeWiFi, qualifié de “sans égal” par le gouvernement de l’État, seront activés d’ici la fin de l’année. Dès lors qu’il sera pleinement opérationnel, le réseau sans fil offrira une couverture sur une zone de 600 000 mètres carrés, ce qui en fera le plus grand réseau Wi-Fi public gratuit du pays. Le contrat initial visant à déployer un nouveau réseau Wi-Fi à l’aide de 1 000 points d’accès répartis entre Melbourne, Bendigo et Ballarat a été signé entre le gouvernement de coalition et iiNet en 2014, juste avant l’élection du gouvernement travailliste.

Le gouvernement fédéral prévoit également d’offrir le Wi-Fi gratuit pour les communautés indigènes éloignées dans toute l’Australie d’ici la fin de l’année, après avoir mené des essais depuis 2010, avec 300 régions reculées qui reçoivent le Wi-Fi gratuit via des téléphones communautaires par satellite. Les clients mobiles et haut débit de l’opérateur de télécommunications Telstra peuvent également utiliser son réseau Telstra Air WiFi dans tout le pays, grâce à plus de 500 000 points d’accès à l’échelle nationale, dont plus de 4 500 points d’accès publics.

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Sydney teste le Wi-Fi gratuit dans ses bus avec un opérateur qui collecte et divulgue les informations personnelles des utilisateurs

Source : L’article << Sydney teste le Wi-Fi gratuit dans ses bus avec un opérateur qui collecte et divulgue les informations personnelles des utilisateurs >> est extrait de ZDNet

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2017-09-18T18:29:36+00:00

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