Une intelligence artificielle n'éprouve ni curiosité ni la moindre émotion

Technologie : Une intelligence artificielle capable d’apprendre à jouer à Mario Bros munie de sa seule curiosité ? L’histoire est belle et les termes utilisés susceptibles de donner une fois encore le sentiment d’une proximité entre l’homme et la machine, ou l’homme et l’algorithme.

 

Si elle n’a ni conscience ni volonté, la machine serait-elle malgré tout capable d’éprouver de la curiosité, à l’image de l’homme ? Non, en aucune façon. On pourrait pourtant être tenté de le penser en lisant plusieurs articles français consacrés à l’IA développée par Deepak Pathak, un étudiant de Berkeley.

Les mots utilisés, comme intelligence et donc curiosité, favorisent les projections telles que les abordent le psychanalyste et psychiatre Serge Tisseron. L’auteur du “Jour où mon robot m’aimera” mettait justement en garde contre de telles projections à l’occasion du salon Innorobo 2017.

Pas de curiosité chez la machine

Il y était par exemple question d’empathie artificielle. Sauf que cette “empathie” est une “empathie tronquée, une fausse empathie, mais le mot peut prêter à confusion” soulignait-il. Tout comme l’apprentissage machine ou automatique n’est en rien comparable à l’apprentissage par un humain, la curiosité prêtée ici à l’algorithme n’est en rien comparable à celle de l’être vivant.

Comme le précise Deepak Pathak au New Scientist, la curiosité fait ici référence à une approche de renforcement de l’algorithme. L’IA, en jouant à Mario Bros, n’a pas pour fonction de venir à bout du jeu.

Celle-ci est récompensée non en gagnant, mais lorsqu’elle explore ou développe des compétences lui permettant de mieux appréhender son environnement. Cette approche n’est pas nouvelle. Un chercheur de DeepMind explique qu’elle peut contribuer à raccourcir les durées d’apprentissage et à améliorer l’efficacité des algorithmes.

Mais un algorithme demeure un algorithme, et la curiosité un trait lié au vivant. Spécialiste de l’affective computing, Laurence Devillers insistait sur ce point sur Innorobo 2017 : “J’ai fait du courrier des lecteurs. On me demandait : ‘quand le robot traverse la pièce et s’arrête soudainement, pense-t-il ?’ La projection sur ces machines est considérable” déclarait-il.

Il faut en avoir conscience. Et cela tient notamment à la propension naturelle de l’être humain à interagir socialement avec ce qui l’entoure. Pour autant, la “machine n’est pas affective”. L’affective computing vise à détecter des émotions, modéliser un dialogue en prenant en compte ces informations affectives et à générer des émotions.

“Il faut bien distinguer les émotions artificielles”

Mais chez l’homme et non la machine, incapable elle d’émotions. “Il faut bien distinguer les émotions artificielles” soulignait Serge Tisseron. “La machine peut être dotée d’une apparence humaine, d’un visage humain notamment, qui lui permet de simuler les émotions.”

Si cette simulation peut faciliter les interactions entre l’homme et la machine, elle pourrait aussi se muer “en véritable outil de manipulation” prévenait le psychanalyste. “Le robot peut très bien déterminer, en fonction de l’interlocuteur, l’intonation la plus efficace pour lui faire acheter un produit, comment agir sur lui pour l’influencer. On entre très vite dans des questions éthiques.”

De l’aveu de Laurence Devillers, l’affective computing n’en est cependant encore qu’aux débuts. La compréhension des émotions est une tâche extrêmement complexe. “C’est rarement dans la société à l’état primaire. Elles sont souvent combinées. C’est l’amour, la haine” précisait-elle. Doter les machines d’une capacité d’adaptation, par la curiosité ou autre, s’avère tout aussi complexe.

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Une intelligence artificielle n'éprouve ni curiosité ni la moindre émotion

Source : L’article << Une intelligence artificielle n'éprouve ni curiosité ni la moindre émotion >> est extrait de ZDNet

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Par | 2017-05-31T01:55:08+00:00 mai 31st, 2017|Actualité|0 commentaire

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