Utiliser l'Internet des Objets pour arrêter les saboteurs, économiser l'eau et gagner de l'argent

Avenir de l’IT : L’entreprise Griswold Water Systems explique la modernisation d’une industrie de la vieille école qui permet d’obtenir des avantages inattendus par la même occasion.

L’Internet des Objets soulève souvent des préoccupations concernant la sécurité pour de nombreuses entreprises, mais pour Griswold Water Systems (GWS), cette connectivité a offert une solution de sécurité ; en l’occurrence, un moyen de s’assurer que la concurrence ne sabotait pas ses équipements.

Utiliser l'Internet des Objets pour arrêter les saboteurs, économiser l'eau et gagner de l'argent - 2017 - 2018 

Le métier de Griswold, à savoir l’entretien des tours de refroidissement de l’eau, “n’a vraiment rien de palpitant” avoue Max Martina, président de GWS, à ZDNet. Pour autant, “Nous sommes dans un secteur qui propose de nombreuses opportunités faciles à saisir”.

Tout le monde a déjà vu une tour de refroidissement d’eau. Ce sont souvent de grandes structures hyperboloïdes (pensez aux deux tours qui relâchent de la vapeur à côté de la centrale nucléaire dans “Les Simpsons”) ou simplement d’immenses réservoirs installés sur les toits de grands immeubles. Tous les bâtiments de plus de 5.500 m² et toutes les installations de fabrication ou de production qui dégagent de la chaleur ont une tour de refroidissement. Le refroidissement de l’eau est un moyen vraiment efficace pour transférer la chaleur hors des bâtiments et des processus. Une tour de refroidissement de l’eau imite la façon dont le corps humain fait face à une chaleur excessive : utiliser la sueur pour évaporer la chaleur.

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Le procédé est simple, mais les tours de refroidissement de l’eau présentent des inconvénients phénoménaux. Tout d’abord, elles consomment de très grandes quantités d’eau. Une seule tour sur un immeuble de taille modeste qui ne fonctionne que trois trimestres par an va consommer environ 65.000 m3 d’eau, indique Max Martina. Qui plus est, ces tours peuvent également soulever des risques sanitaires et environnementaux. Si l’eau n’est pas correctement traitée, il peut s’ensuivre une prolifération biologique et la propagation de maladies graves et mortelles, comme la légionellose. Traditionnellement, les tours de refroidissement de l’eau sont traitées avec des produits chimiques qui sont nocifs pour l’environnement.

Tous ces problèmes ont généré une opportunité que GWS a saisie en mettant au point une nouvelle technique pour traiter les tours de refroidissement. Au lieu d’utiliser des produits chimiques, l’entreprise utilise la génération d’un champ électrodynamique. Ce dernier empêche la corrosion et la prolifération des bactéries, tout en permettant aux professionnels de recycler ou de se débarrasser en toute sécurité des mètres cubes d’eau qui ne s’évaporent pas.

Cette méthode était innovante, mais les fournisseurs de produits chimiques ont agressivement tenté d’écarter du marché la nouvelle solution de GWS. “Nous étions matraqués de toute part”, se souvient Max Martina. “Ils se livraient à des manœuvres de sabotage, nous dégageaient des installations, disaient du mal de nous… Nous nous sommes dit que nous devions être en mesure de surveiller l’équipement.”

Trouver des fournisseurs de l’internet des objets

En tant que spécialiste du traitement de l’eau, GWS n’était pas intéressé par l’élaboration de sa propre solution de l’internet des objets. “Notre spécialisation impliquait que nous ne devions pas développer des solutions de surveillance à distance”, confie Max Martina.

Par l’intermédiaire de contacts professionnels, GWS a été présenté à une entreprise du New Hampshire appelée Hollis Controls, qui pouvait construire le matériel nécessaire pour surveiller à distance les tours de refroidissement de l’eau. Hollis Controls a utilisé la plate-forme d’internet des objets Autodesk Fusion Connect pour créer “une solution quasiment prête à l’emploi qui nous permet de capturer presque instantanément des données qui sont extrêmement significatives pour nous”, se réjouit Max Martina. Elles concernent le temps d’exécution, la consommation d’eau, les tendances relatives aux performances de l’équipement et les flux au sein du système, précise-t-il.

“Tout à coup, nous avons obtenu la transparence sur nos opérations”, explique Max Martina. “Nous savons si une tour est défaillante ou s’il y a un problème sans aucun rapport avec notre système, car nous pouvons en déduire que certaines conditions sont présentes.”

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Connectivité cellulaire : un composant crucial

Le développement du matériel a donné le ton pour la mise en œuvre de l’internet des objets de GWS, mais la connectivité était un autre facteur crucial.

“Cette industrie se caractérise par un grand nombre d’installations dont les tours de refroidissement sont en haut d’un bâtiment de 20 étages ou sur un site distant”, de sorte qu’il est impossible de s’en remettre au Wi-Fi, indique Max Martina. “Dans notre cas, nous ne transmettons pas des quantités massives de données, mais le timing de ces données est primordial.”

Bryan Kester, responsable de l’internet des objets à Autodesk, relate que la façon dont GWS a déployé sa stratégie d’internet des objets est assez typique. La majorité des clients d’Autodesk entament leur mise en œuvre de l’internet des objets en sélectionnant un intégrateur système tel que Hollis ou en s’adjoignant l’aide d’un grand opérateur sans fil.

Implication des clients

GWS a lancé sa solution de surveillance à distance en tant que fonctionnalité supplémentaire pour ses clients il y a environ deux ans, selon Max Martina. Le lancement des nouveaux services a pris du temps, même s’ils offraient des avantages aussi bien pour GWS que ses clients.

“À l’origine, nous nous en sommes servi pour nous protéger”, rappelle Max Martina. “Lorsque nous nous sommes lancés, aucun de nous à Griswold n’avait réalisé à quel point c’était important du point de vue des opérations pour le client.” L’équipement de surveillance permet à GWS d’envoyer ses équipes de maintenance régler les problèmes avant même que les clients ne se rendent d’un quelconque souci. Il permet aussi aux clients de diminuer leur consommation d’eau.

“Lorsque votre installation traite 1.100 à 1.500 mètres cubes d’eau par jour, la moindre erreur peut non seulement coûter très cher à votre entreprise, mais vous risquez aussi d’inonder la salle des serveurs, par exemple”, explique Max Martina.

L’an dernier, Griswold a décidé de modifier sa stratégie et propose désormais sa solution d’internet des objets comme élément fondamental de tout système de traitement de l’eau qu’il vend. Jusqu’à présent, ce sont plusieurs centaines d’unités avec surveillance à distance qui ont été vendues, ce qui leur a permis de s’implanter sur le marché international.

“La commercialisation aux États-Unis nécessite que nous offrions essentiellement des services avec l’équipement, pour imiter les fournisseurs de produits chimiques pendant la première année d’exploitation”, confie Max Martina. “À l’international, il y a beaucoup moins de stratégies établies. Nous commençons à recevoir beaucoup de demandes, notamment d’Amérique latine, du Mexique et de certains pays d’Europe. Les gens commencent à s’intéresser à l’internet des objets.”

Sécurité : un problème qui n’en est pas un

Les études montrent que les préoccupations en matière de sécurité et de respect de la vie privée font partie des principaux obstacles s’agissant de la mise en œuvre de l’internet des objets dans diverses industries. Pourtant, Max Martina affirme que ses clients ne sont pas vraiment préoccupés par ces questions.

“Les données, même si elles étaient interceptées, sont de nature opérationnelle, elles ne représentent pas de forts enjeux et ne sont pas liées à la propriété intellectuelle ni à des secrets de fabrication”, explique-t-il. “La plupart de nos clients ne s’en soucient tout simplement pas.”

Bryan Kester confirme que la majorité des clients d’Autodesk font comme GWS, à savoir utiliser des solutions de l’internet des objets strictement pour surveiller les équipements, et non pour les contrôler. “Les gens doivent se faire à l’idée que leurs produits vont avoir une connexion.”

Au total, en intégrant l’internet des objets à sa technologie fondamentale, GWS a aidé ses clients à économiser plus de 7,6 millions de mètres cubes d’eau, se félicite Max Martina, et a supplanté environ 1 200 tonnes de produits chimiques toxiques. GWS s’intéresse désormais à d’autres façons d’exploiter la connectivité, par exemple pour surveiller la température de l’eau ou l’efficience d’autres pièces d’équipement. “Nous commençons tout juste à vraiment nous rendre compte de la portée et l’échelle de cette évolution”, confie-t-il.

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Source : L’article Utiliser l'Internet des Objets pour arrêter les saboteurs, économiser l'eau et gagner de l'argent >> est extrait de ZDNet

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2017-09-18T18:29:16+00:00

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