VivaTech : Faire de la France une "nation des start-up", promesse radicale d'Emmanuel Macron

Technologie : Le président français annonce la création d’un fonds de 10 milliards d’euros pour aider au développement des start-up et souhaite que la France devienne un champion en la matière. De quoi interroger sur un modèle hyper-compétitif où l’on compte neuf perdants pour un un gagnant.

Emmanuel Macron a annoncé la création d’un fonds de 10 milliards d’euros pour aider au développement des start-up lors de sa visite le 15 juin au salon Viva Tech, un événement organisé par les entreprises Publicis et Les Echos. Le président français compte “tout mettre en œuvre pour le développement et le dynamisme des start-ups en France, notamment à travers les réformes du travail et de l’ISF”.

 

Il a promis a passage de faire de la France sera un pays “leader de l’hyper-innovation” en développant l’écosystème des startups et en numérisant l’État. “Nous allons promouvoir un État adapté au XXIè siècle: numérique, innovant et inclusif” a t-il dit. Une dynamique qui ne saurait oublier les talents étrangers. Le lancement du “French Tech Visa”, destiné à faciliter la venue des entrepreneurs étrangers pour investir et créer en France a aussi été évoqué.

Le président a également avertit les entrepreneurs de l’importance de leur rôle économique et sociétal. Oui à la richesse, non à la cupidité a t-il dit, liant le Brexit et l’élection de Donald Trump au désarroi des classes moyennes. Le slogan retenu pour résumer l’état d’esprit prôné par le président français : créer une “nation des start-up”.

La nation des start-up ? C’est le cas d’Israël où l’on trouve une start-up pour 1214 habitants. En France ce ratio est de 1 pour 6.600. Si la marge de progression apparaît importante, le modèle a aussi de quoi interroger. Car au fond, c’est quoi une start-up ?

Au fait, c’est quoi une start-up ?

Il s’agit d’une jeune entreprise (le terme jeune pousse est également utilisé), innovante, dont le potentiel de croissance est important, et qui fonctionne le plus souvent sur le principe des levées de fonds. L’étape suivante de développement se caractérise le plus souvent par la vente de la société à un groupe économique plus important, où par une entrée en bourse.

Pourquoi ? Parce que 74% d’entre elles affichent un excédent brut d’exploitation en perte. D’où l’impératif besoin d’organiser rapidement une stratégie de sortie pour les fondateurs de ces fragiles structures. La vision stratégique dans ce contexte compte tout autant que la capacité d’innovation.

Les stars françaises de cette catégorie d’entreprises très liée au développement des technologies et des usages numériques, si elles se comptent sur les doigts des deux mains, exercent une attraction puissante sur l’imaginaire des entrepreneurs et des investisseurs. Free, Meetic, ou encore BlaBlaCar sont autant de preuves de succès du modèle. Viadeo de son côté, confronté à la dynamique de LinkedIn, a déposé son bilan, comme 90% des startups.

Par ailleurs la France, qui a connu des levées de fonds record l’an passé, fait face à des contraintes qui limitent le développement de l’écosystème de startups. Les fonds des investisseurs restent faibles au regard de la pratique américaine, et l’absence d’un Nasdaq européen augmente la prise de risque lors des introductions en bourse.

Mieux vaut être entrepreneur qu’employé de startup

La fascination pour le monde des start-up ne doit également pas faire l’impasse sur les conditions de travail vécues par les “collaborateurs” (“employés” semble appartenir à l’ancien monde) de ces petites structures. Une instructive expérience professionnelle et personnelle est relatée dans le récent livre “Bienvenue dans le nouveau monde Comment j’ai survécu à la coolitude des start-ups” de Mathilde Ramadier, qui a travaillé dans plusieurs startups berlinoises quatre années de suite.

Pour résumer, on y apprend que la motivation des salariés à la réussite de l’entreprise doit être suffisamment forte pour gommer les difficultés engendrées par l’exigence de flexibilité et l’amplitude horaire importante. Le montant des salaires proposés est souvent en deçà de ceux proposés par des entreprises mieux installées. Mathilde Ramadier explique qu’en dépit de ces conditions de travail précaires, comme 80% des offres d’emplois requérant ses compétences étaient proposée par des startups, il était difficile pour elle de passer à côté.

Si la France devient “la nation des starts-up”, la côte des offres d’emploi dans des structures plus classiques pourrait donc véritablement exploser.

VivaTech : Faire de la France une "nation des start-up", promesse radicale d'Emmanuel Macron

Source : L’article << VivaTech : Faire de la France une "nation des start-up", promesse radicale d'Emmanuel Macron >> est extrait de ZDNet

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2017-09-18T18:29:19+00:00

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