Windows 10 S : le fossoyeur des Chromebooks ou le retour de Windows RT ?

Analyse : Avec Windows 10 S, Microsoft essaie de construire à nouveau un mur autour du vaste écosystème PC. Sa dernière tentative fut un échec spectaculaire. Peut-il réussir à sa seconde tentative ?

 

Microsoft a annoncé un grand lancement produit le 2 mai à New York City dans le cadre d’un événement axé sur l’éducation, mais il s’est avéré être beaucoup plus important.

Oui, il y avait beaucoup d’enseignants sur scène, et les vidéos qui ont montré leurs nouvelles offres d’éducation ont été remplies d’élèves heureux dans les salles de classe.

Mais les deux produits qui ont occupé le devant de la scène, Windows 10 S et le nouveau portable Surface, ont finalement une portée allant bien au-delà de l’école.

À la veille de cet événement, beaucoup de spéculations attribuaient à Microsoft l’intention de présenter un concurrent au Chromebook, conçu par Google et bien pris en charge par les fabricants de PC. Les Chromebooks peu coûteux et faciles à gérer ont connu un succès surprenant sur le marché de l’éducation aux États-Unis.

Microsoft a effectivement présenté une véritable arme anti Chromebook, mais pas de la manière attendue.

Ce n’était certainement pas le Surface Laptop.

À un prix de départ de 999 dollars, le membre le plus récent de la famille Surface n’est certainement pas concurrent du moindre Chromebook, sauf peut-être le Google Pixel, excessivement cher. C’est plutôt une option extrêmement notable dans la catégorie des ordinateurs portables haut de gamme de 13 pouces, aux côtés du MacBook Pro, du XPS 13 9360 de Dell et de quelques autres.

Je connais bien des professionnels de l’informatique et des dirigeants d’entreprise qui tueraient pour un ordinateur portable Surface. Et la première chose qu’ils feraient serait de le migrer sur Windows 10 Pro.

La véritable alternative au Chromebook, c’est Windows 10 S, une solution qui répond à certaines des mêmes fonctionnalités, avantages, et difficultés, comme ChromeOS, et s’exécute sur à peu près n’importe quel matériel.

Microsoft a déclaré que ses partenaires de PC vendront des PC sous Windows 10 S au même moment où il commencera à livrer Surface Laptop, en juin. Aucun équipement tiers n’a été présenté sur scène lors de cet événement, mais en fin de semaine dernière, Acer a montré une gamme de nouveaux ordinateurs portables incluant l’Aspire 1.

À environ 1,36 Kg, l’Aspire 1 n’est pas tout à fait svelte. Et avec un processeur Celeron ou Pentium, 4 Go de RAM et 32 ou 64 Go de stockage eMMC, ce n’est pas vraiment une machine de course non plus. Mais cela correspond à ce qu’on peut attendre à un prix de 219 dollars rivalisant avec celui d’un Chromebook.

La question devient alors, est-ce que ce type de système sous Windows 10 S peut résoudre les problèmes traditionnels des PC à bas prix ?

Même avec ces spécifications modestes, une machine comme l’Aspire 1 exécutant Windows 10 devrait pouvoir démarrer très rapidement et reprendre presque instantanément. Il devrait également pouvoir gérer les traitements moyens de productivité, même si vous ne voudrez probablement pas l’utiliser pour de l’édition vidéo.

Le problème avec la plupart des ordinateurs à bas prix commence d’emblée, lorsque les fabricants les remplissent avec des logiciels de type crapware / bloatware qui rendent l’expérience misérable dès le premier jour.

Ajoutez à cela la profusion de logiciels minables que le consommateur moyen ne peut s’empêcher d’installer, puis mettez-y des logiciels publicitaires agressifs ou des logiciels malveillants qui échappent aux protections de sécurité et, très rapidement, vous héritez d’un désordre qui doit être nettoyé tous les six mois. C’est le calendrier classique pour un “Windows carié”.

Et puis il y a le problème de la mise à jour, que Windows 10 S résout assez bien. Les applications packagées et leur déploiement par le biais du magasin Windows permettent de les mettre à jour automatiquement. Plus de mises à jour tierces fonctionnant en arrière-plan selon leur propre calendrier. Hourra !

Si cela semble trop beau pour être vrai, considérez le calendrier alternatif pour Windows 10 S. Dans le scénario le plus sombre (merci, Communauté!), Windows 10 S connaît le même sort que Windows RT.

Microsoft a dévoilé Windows RT (une variante de Windows 8) sur Surface RT en 2012. Il semblait être une bonne idée à l’époque, pour plusieurs des mêmes raisons justifiant Windows 10 S. Malheureusement, ce fut un flop retentissant, ce qui a entraîné une dépréciation de près d’un milliard de dollars et la fin de certaines carrières chez Microsoft dans le processus.

Le problème avec Windows RT est que la sélection d’applications disponibles était cruellement insuffisante et disposer d’Office ne suffisait pas pour surmonter ce handicap lors du démarrage.

Quand les premières machines Windows 10 S débarqueront en juin, elles susciteront chez les consommateurs certaines des mêmes interrogations que pour RT, comme “Attendez, cette application ne fonctionne pas ?”

Il ne peut pas exécuter iTunes. Ni Quicken. Et, plus important, Google Chrome ne tourne pas sous Windows 10 S.

Les systèmes Windows 10 S seront verrouillés afin que le seul navigateur pris en charge soit Microsoft Edge. Certes, Edge s’est considérablement amélioré en tant que navigateur au cours des deux dernières années, et il a fait un travail impressionnant pour occulter Chrome.

Mais ce n’est pas Chrome. Et ce pourrait être un point de blocage pour certains acheteurs d’ordinateurs portables Windows 10 S, qui seront confrontés à une décision difficile : migrer vers Windows 10 Pro et gagner la possibilité d’installer Chrome tout en renonçant aux avantages de sécurité et de gestion fournis avec Windows 10 S, ou enregistrer un ticket de retour au SAV.

Il est possible que Google regarde Windows 10 S et décide d’adapter Chrome afin qu’il puisse être installé à l’aide du Windows Store. C’est probablement un effort de développement non trivial, mais assurément pas hors de portée d’une entreprise comme Google.

Cet effort pourrait en valoir la peine si le nouveau système d’exploitation rencontre un succès et représente rapidement une base installée de millions de PC ne pouvant acquérir des applications qu’au travers du Store.

Après la sortie de Windows 8, Google a rapidement investi le nouvel écosystème de Microsoft, proposant un « navigateur de style Metro » conforme aux curieuses directives de design de Microsoft. Il a continué ce développement pendant 18 mois environ avant finalement d’abandonner Windows 8, au même moment que Microsoft.

La décision n’est pas simple pour Google. Doit-il devenir l’un des piliers de l’écosystème d’un concurrent ? Ou dit-il non au Store au risque de passer à côté d’une évolution majeure de l’informatique personnelle /d’entreprise ?

Et, entre parenthèses, quelqu’un d’autre a-t-il remarqué qu’Apple, qui autrefois régnait sur le marché de l’enseignement, est devenu un acteur mineur ?

Ce sera une intrigante bataille à surveiller.

Windows 10 S : le fossoyeur des Chromebooks ou le retour de Windows RT ?

Source : L’article << Windows 10 S : le fossoyeur des Chromebooks ou le retour de Windows RT ? >> est extrait de ZDNet

Du contenu qui pourrait bien vous intéresser !

1 Etoile2 Etoiles3 Etoiles4 Etoiles5 Etoiles 1 avis, 5,00/5
Loading...
2018-10-14T17:53:29+00:00

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des publicités ciblées et réaliser des statistiques de visites. Ok